Prix Nobel de Physique
L’Université Paris-Saclay a accueilli six lauréat.es du prix Nobel de physique, en y étudiant ou travaillant dans un de ses laboratoires. Leurs travaux, de la matière molle à la physique quantique, témoignent de l’excellence et du rayonnement international de l’université.
Pierre-Gilles de Gennes
Pierre-Gilles de Gennes (1932‑2007) était un physicien français majeur, formé à l’École Normale Supérieure et ayant mené l’essentiel de sa carrière au Laboratoire de Physique des Solides à Orsay (Université Paris‑Sud, aujourd’hui Paris‑Saclay). Il est surtout connu pour ses travaux sur la matière molle, comme les polymères, les colloïdes et les cristaux liquides. En 1991, il a reçu le Prix Nobel de Physique pour avoir découvert des analogies fondamentales entre phénomènes apparemment très différents, en appliquant les concepts de la physique des solides et des liquides à des matériaux complexes. Ses recherches ont ouvert la voie à de nombreuses applications pratiques, notamment dans les affichages à cristaux liquides et la conception de nouveaux matériaux souples, tout en révolutionnant notre compréhension théorique des systèmes désordonnés et flexibles.
Albert Fert
Albert Fert (né en 1938) est un physicien français célèbre pour avoir reçu le Prix Nobel de Physique en 2007 pour la découverte de la magnétorésistance géante (GMR). Ce phénomène, dans lequel la résistance électrique d’un matériau varie fortement sous l’effet d’un champ magnétique, a révolutionné la technologie des disques durs et le stockage des données, ouvrant la voie à la spintronique. Ses travaux, réalisés principalement au Laboratoire de Physique des Solides à Orsay (Université Paris‑Sud, aujourd’hui Paris‑Saclay), ont combiné physique fondamentale et applications technologiques majeures.
Alain Aspect
Alain Aspect (né en 1947) est un physicien français reconnu pour avoir reçu le Prix Nobel de Physique en 2022 pour ses expériences décisives sur l’intrication quantique et les inégalités de Bell. Ses travaux ont confirmé que des particules peuvent rester corrélées instantanément, même séparées par de grandes distances, validant des aspects fondamentaux de la physique quantique et ouvrant la voie à des technologies comme l’informatique quantique et la cryptographie quantique. La majorité de sa carrière et de ses recherches ont été menées au sein de l’écosystème scientifique de Paris‑Saclay.
Professeur à l’Institut d’Optique Graduate School / Université Paris-Saclay, Alain Aspect s’est vu décerner le prix Nobel de physique 2022. Il partage cette récompense avec l’Américain John F. Clauser et l’Autrichien Anton Zeilinger pour leurs expériences pionnières sur l’intrication quantique, ayant ouvert la voie aux technologies quantiques. Cette distinction vient récompenser une vie de travaux révolutionnaires dans ce domaine. En savoir plus
Anne L'Huillier
Anne L’Huillier (née en 1958) est une physicienne française reconnue pour ses contributions pionnières à la physique attoseconde, un domaine qui permet de observer et mesurer les mouvements ultra‑rapides des électrons à l’échelle d’un attoseconde (10⁻¹⁸ seconde). Elle a reçu le Prix Nobel de Physique en 2023, qu’elle a partagé avec Pierre Agostini et Ferenc Krausz, pour le développement de méthodes expérimentales générant des impulsions de lumière attosecondes, utilisées pour étudier la dynamique des électrons dans la matière — une avancée fondamentale en physique qui ouvre de nouvelles voies pour comprendre des phénomènes atomiques et moléculaires invisibles auparavant.
Pierre Agostini
Pierre Agostini (né en 1941) est un physicien franco-américain dont la carrière est consacrée à l’optique ultrarapide et à l’interaction laser-matière. Après une formation en France, il a mené une partie importante de ses recherches au CEA Saclay, avant de poursuivre sa carrière aux États-Unis. Il est mondialement reconnu pour ses travaux fondateurs en physique attoseconde, un domaine qui vise à observer les phénomènes électroniques à des échelles de temps extrêmement courtes. En 2023, il a reçu le Prix Nobel de Physique, partagé avec Anne L’Huillier et Ferenc Krausz, pour le développement de méthodes expérimentales permettant de générer et de mesurer des impulsions lumineuses attosecondes, ouvrant ainsi la voie à l’observation directe du mouvement des électrons dans les atomes et les molécules.
Anne L'Huillier et Pierre Agostini ont remporté le prix Nobel de physique avec un scientifique austro-hongrois pour "des méthodes expérimentales qui génèrent des impulsions lumineuses attosecondes pour l'étude de la dynamique des électrons dans la matière". Grâce à eux, cette activité est devenue un des points de référence de la physique de notre campus Paris-Saclay. En savoir plus
Michel H. Devoret
Michel H. Devoret (né en 1953 à Paris) est un physicien franco-américain formé en France, où il a notamment obtenu son doctorat à l’Université Paris-Saclay avant de poursuivre sa carrière au CEA Saclay puis aux États-Unis. Il est internationalement reconnu pour ses travaux pionniers en physique quantique des circuits, en particulier la démonstration de comportements quantiques macroscopiques — montrant que des phénomènes comme l’effet tunnel quantique et la quantification d’énergie peuvent se manifester dans des circuits électriques assez grands pour être manipulés directement. En 2025, il a reçu le Prix Nobel de Physique, partagé avec John Clarke et John M. Martinis, pour ces découvertes fondamentales qui ont élargi notre compréhension de la mécanique quantique et ouvert des perspectives majeures pour les technologies quantiques, notamment l’informatique quantique.