Marie Buchotte - Exposition "La chimie, au pluriel"
Marie Buchotte
Ingénieure d'études en synthèse chimique
L’engagement face à l’échec : transformer les obstacles en découvertes
En tant qu’ingénieure d’études en synthèse, Marie s’investit pleinement dans un travail expérimental où l’échec fait partie intégrante du processus de recherche. Plutôt que de le considérer négativement, elle le requalifie comme une source d’apprentissage et adapte constamment ses méthodes, ses réactifs et ses approches pour résoudre les problèmes rencontrés. Son engagement dans son travail de recherche ne repose pas sur la quête immédiate de résultats mais sur le plaisir et l’émerveillement qu’elle retire des gestes quotidiens au laboratoire, nourrissant sa motivation malgré les obstacles.
Oser s’engager : tenter pour réussir
Le parcours de Marie est marqué par le syndrome de l’imposteur et le manque de confiance en elle. Après sa thèse, elle doutait de pouvoir prétendre à des postes de maître de conférence ou de chargée de recherche, et se sentait intimidée par la perspective d’enseigner à des étudiants. En 2014, elle choisit de tenter sa chance au concours d’ingénieure d’études et obtient un poste qu’elle croyait inaccessible, prouvant qu’il faut dépasser ses peurs. Elle encourage particulièrement les femmes à ne pas s’auto-censurer, à oser s’engager dans des projets et candidatures, et à voir chaque initiative comme une opportunité de renforcer sa confiance en soi.
Engagement dans la recherche et santé : savoir doser
Dans son laboratoire, Marie observe que l’engagement des chercheurs dans leurs projets les conduit souvent à négliger les mesures de prévention face aux risques chimiques. L’envie d’avancer dans les projets prime sur les précautions. Lors de sa grossesse, Marie s’est heurtée à l’incompréhension de certaines collègues pour qui reprendre le travail en laboratoire, après les trois premiers mois (la principale période de vulnérabilité pour le fœtus) semblait normal. Cette expérience renforce sa conviction de toujours préserver ses limites, même dans un environnement où la pression scientifique est forte. Depuis, elle s’investit comme assistante de prévention, sensibilisant et informant les membres du laboratoire sur les risques et les bonnes pratiques, tout en regrettant que son rôle reste informatif.