Clara, Zina et Tamara : témoignage de trois alumni du M2 MISP

En début d'année 2026, trois anciennes étudiantes du master Méthodologie des Interventions en Santé Publique (MISP) de l’Université Paris-Saclay sont venues partager leur parcours professionnel et leurs expériences avec les étudiants. Entre recherche, analyse des données de santé publique et gestion de projets européens, leurs trajectoires illustrent la diversité des débouchés offerts par la santé publique.

Clara Eyraud : de la pratique infirmière à la recherche en santé publique

Après des études d’infirmière, Clara Eyraud choisit de s’orienter vers la santé publique avec l’objectif de poursuivre une carrière dans la recherche universitaire. Elle intègre d’abord le M1 de santé publique à Paris-Saclay, avant de rejoindre le M2 Méthodologie des Interventions en Santé Publique. Ce choix s’impose naturellement pour elle : il s’agit de l’un des rares masters qui aborde de manière complète les méthodologies en santé publique, de la conception à l’évaluation des interventions.

Avant de débuter sa thèse, Clara acquiert une première expérience professionnelle en tant que chargée de mission de prévention à la Maison des Adolescents (MDA) de l’Essonne. L’objectif était de réaliser des actions de prévention auprès de jeune de 11 à 25ans dans un processus « d’aller vers » en se déplacent dans les établissements scolaires, maison de quartier ou institution publique.

Aujourd’hui, ses travaux de recherche sont fortement ancrés dans le terrain et reposent sur une approche mixte combinant méthodes quantitatives et qualitatives. Sa thèse porte sur la prévention des consommations de substance psychoactive auprès des jeunes sans emploi, déscolarisés et sans formation (NEET), un public particulièrement vulnérable, souvent confronté à des problématiques de consommation, d’addictions ou encore de santé mentale.

Zina Hebbache : analyser et comprendre les causes de mortalité

Le parcours de Zina Hebbache est différent mais tout aussi révélateur des passerelles possibles vers la santé publique. Après l’obtention de son diplôme de sage-femme et plusieurs années d’exercice, elle décide de reprendre ses études et rejoint le M2 MISP.

Au cours de son stage de fin d’études, elle intègre le CEpiDC (Centre d’épidémiologie sur les causes médicales de décès) où elle travaille sur l’évaluation du recours aux complémentaires médicales. Grâce à cette expérience et à sa double compétence médicale et méthodologique, elle est ensuite recrutée au sein du laboratoire.

Le CEpiDC a pour mission de produire les statistiques nationales sur les causes de mortalité. Chaque décès déclaré en France fait l’objet d’un certificat rempli par un médecin. Les équipes du centre doivent ensuite analyser et coder les informations afin d’identifier la cause principale du décès selon une classification internationale.

Aujourd’hui, Zina est responsable de cette équipe, dont le travail est à la fois scientifique et stratégique. Elle participe régulièrement aux réunions de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) afin de contribuer à l’élaboration des règles internationales de codage des causes de décès.

Ce travail d’harmonisation est essentiel pour pouvoir comparer les données entre pays et analyser les tendances à différentes échelles. Par exemple, lorsqu’une augmentation de décès est observée dans un contexte particulier – comme dans le cas d’accidents liés aux trottinettes électriques – les équipes doivent produire des données fiables pour permettre d’étudier précisément ce phénomène.

En parallèle de ses responsabilités, Zina travaille également à l’écriture de sa thèse.
 

Tamara Maziashvili : de la prévention à la coordination de projets européens

Originaire de Géorgie, Tamara Maziashvili a obtenu une bourse d’excellence pour venir étudier en France. Très intéressée par les questions de prévention, elle choisit naturellement d’intégrer le master MISP. Elle y apprécie particulièrement la petite promotion.

Au cours de sa formation, elle développe des compétences solides dans la conduite d’enquêtes mixtes, combinant méthodes quantitatives et qualitatives.

Lors de son stage de M2, elle rejoint une équipe de recherche à l’INSERM et travaille sur la santé sexuelle des jeunes atteints de maladies chroniques, en cherchant à mieux comprendre leurs besoins et les messages les plus efficaces pour favoriser une bonne prise en charge de leur maladie.
 

Après son diplôme, elle occupe un premier poste d’ingénieure recherche et développement au sein de l’association CIUS. Elle participe à la création et déploiement d’un projet de prévention du tabagisme, « Cig’Arrête », financé par l’ARS PACA. Sa mission consiste à concevoir et tester différentes actions de promotion de la santé adaptées aux jeunes.

Elle poursuit ensuite sa carrière dans le secteur privé, en travaillant pendant deux ans dans un cabinet de conseil spécialisé en santé. Elle se spécialise notamment dans le domaine de la santé numérique, en accompagnant différents acteurs dans le développement de projets innovants. Parmi eux, un programme dédié au « bien vieillir », visant à permettre aux personnes âgées de rester plus longtemps à domicile grâce aux objets connectés.

Cette expérience lui permet de collaborer avec de nombreux acteurs différents et d’utiliser au quotidien les compétences d’évaluation acquises pendant son master.

Aujourd’hui, Tamara est revenue à l’INSERM en tant que cheffe de projet européen. Elle coordonne et gère les activités opérationnelles du projet IMPROVE PRETERM, une initiative européenne visant à améliorer la santé et le développement des enfants nés grands prématurés, c’est-à-dire avant 32 semaines de gestation. Le projet réunit 20 équipes de recherche dans 13 pays qui travaillent en collaboration avec des familles, des professionnels de santé et des décideurs politiques afin de mieux comprendre les besoins des enfants très prématurés et d’améliorer leur prise en charge.
Ses missions sont très variées : coordination du projet, organisation de workshops avec les parties prenantes (y compris les parents), mais aussi contribution à la recherche, notamment à travers des revues de littérature.

Pour la suite de sa carrière, Tamara souhaite s’orienter vers les agences internationales et l’implémentation de politiques publiques en santé.
 

En conclusion, le M2 MISP c'est:

  • Analyser un problème de santé publique et définir les actions à mettre en œuvre
  • Développer des interventions et en évaluer la mise en œuvre et les effets
  • Assurer la gestion des projets et programmes sanitaires et sociaux
  • Une promotion à taille humaine
  • Des débouchés variés

En savoir plus sur le M2 MISP

Retrouvez toutes les informations sur le programme du M2 Méthodologie des interventions en santé publique ici : https://www.universite-paris-saclay.fr/formation/master/sante-publique/m2-methodologie-des-interventions-en-sante-publique