Meriem El Karoui, lauréate 2026 de l’Human Frontier Science Program Organization

Talents Article publié le 16 avril 2026 , mis à jour le 16 avril 2026

Le 14 avril, l’Human Frontier Science Program Organization (HFSP), un programme international de financement de la recherche de pointe dans le domaine des sciences de la vie, a attribué ses subventions de recherche 2026 ainsi que la deuxième vague de subventions d’accélération à 117 scientifiques parmi les plus innovant·es au monde, issu·es de 31 pays. Meriem El Karoui fait partie des lauréat·es. 

Meriem El Karoui, directrice de recherche INRAE au Laboratoire de biologie et pharmacologie appliquée (LBPA – Univ. Paris-Saclay/ENS Paris-Saclay/CNRS), a reçu une bourse de recherche de l’Human Frontier Science Program Organization pour son projet « Living Batteries: Reconfiguring cell-wall deficient bacteria as synthetic mitochondria », co-porté par Madeleine Moule (University of Edinburgh, UK), Matthew Scott (University of Waterloo, Canada), et Karl Morten (University of Oxford, UK).

Les bactéries sont des micro-organismes omniprésents, essentiels à notre microbiome, mais certaines peuvent aussi provoquer des maladies. Dans certaines infections chroniques, elles peuvent perdre leur paroi cellulaire et devenir des bactéries dépourvues de paroi (CWDB). Cette transformation leur permet d’échapper au système immunitaire et rester ainsi discrètement à l’intérieur des cellules humaines, comme des réservoirs silencieux.

Le projet lauréat propose d’exploiter cette capacité d’évasion pour transformer ces bactéries en « mitochondries synthétiques », c’est-à-dire des structures capables de produire de l’énergie dans les cellules. Les mitochondries jouent un rôle crucial dans le fonctionnement cellulaire, et leur dysfonctionnement est lié à de nombreuses maladies chroniques ainsi qu’au vieillissement. En utilisant les CWDB comme base, l’objectif est de créer des analogues de mitochondries capables de réparer ou de soutenir des cellules malades ou vieillissantes. Le projet vise également à comprendre comment ces bactéries coexistent avec les cellules humaines, afin de modéliser mathématiquement les échanges d’énergie et de nutriments entre elles.

À terme, ces recherches pourraient permettre de développer de nouvelles approches pour restaurer les fonctions cellulaires altérées et ouvrir de nouvelles perspectives en biologie fondamentale et en santé humaine.

Les Research Grants, d’une durée de trois ans, sont attribuées à des équipes internationales réunissant deux à quatre scientifiques engagé·es dans un nouveau projet collaboratif. Elles soutiennent des recherches fondamentales innovantes portant sur des enjeux biologiques majeurs, en favorisant des approches originales et interdisciplinaires. Ces projets s’appuient sur la complémentarité des expertises de chercheuses et chercheurs basé·es dans différents pays, afin d’aborder des problématiques qui ne pourraient être résolues à l’échelle d’un seul laboratoire.