Illustration Centre de langues de l'Université Paris-Saclay

Langues: un monde de possibilités pour apprendre, pratiquer et se perfectionner

Formation Article publié le 06 juillet 2026

À l’Université Paris-Saclay, il existe de nombreux dispositifs pour apprendre une langue ou perfectionner ses compétences linguistiques, à l’oral comme à l’écrit. Cours, ateliers de conversation, certifications, aide à la communication scientifique… Tour d’horizon de quelques initiatives accessibles à la communauté étudiante mais aussi aux personnels académiques, scientifiques et administratifs. (Cet article est issu de L'Édition n°29)

Dans la salle silencieuse, un étudiant, casque vissé sur les oreilles, scrute l’écran d’ordinateur en attente du prochain exercice de prononciation. Sur une étagère, non loin de lui, des bandes dessinées en français côtoient des magazines en anglais et des ouvrages en italien. « Nous avons ici plein de ressources pour aider à l’apprentissage des langues », explique Audrey, secrétaire du français langue étrangère au Centre de langues mutualisé de l’Université Paris-Saclay.

« La salle 350 est la salle d’auto-formation en langues. Nous avons des ordinateurs qui donnent accès à des logiciels pour travailler ses compétences en langues. » Au menu, figurent plus de vingt-quatre langues, donnant la possibilité d’élargir sa palette linguistique, en complément des cours ou en auto-formation guidée, et selon son emploi du temps. Mais cette salle ne constitue qu’une des multiples activités du Centre de langues mutualisé, situé au bâtiment Eiffel de CentraleSupélec, à Gif-sur-Yvette.

« L’idée de ce centre est de créer, pour l’ensemble de la communauté de l’Université Paris-Saclay, un espace qui soit dédié aux langues et qui accueille, de façon mutualisée, les cours en présentiel de la Faculté des sciences, la Faculté de pharmacie, Centrale-Supélec, l’ENS Paris-Saclay et Polytech Paris-Saclay », explique Aline Boulahcen, nouvelle directrice du centre inauguré en 2018. Réparti sur deux étages, le lieu comprend une cinquantaine de salles équipées et dédiées spécifiquement à l’apprentissage des langues, ainsi qu’un amphithéâtre, des salles de tutorat et des espaces de travail.

Douze langues vivantes et du français langue étrangère

Tout au long de l’année, des cours d’anglais résonnent entre ces murs, mais pas seulement. « Nous proposons aussi des cours de langues vivantes 2 », ajoute la directrice. Allemand, espagnol, chinois, italien ou encore japonais, douze langues sont actuellement disponibles. Et de nouvelles viennent régulièrement s’y ajouter. C’est le cas du coréen qui a fait son entrée il y a trois ans, et de la langue des signes française inaugurée cette année. 

« Nous avons une explosion des demandes pour les langues », précise Kristin Kuster, directrice du service de langues de la Faculté des sciences d’Orsay et membre du comité de pilotage du Centre de langues mutualisé. « Avec l’internationalisation, les étudiantes et étudiants ont un réel besoin de formation en langues pour partir à l’étranger ou travailler dans des équipes internationales. » Cette même tendance s’observe au sein de la communauté de l’Université Paris-Saclay qui accueille chaque année de plus en plus de jeunes internationaux venus étudier en France.

Pour ces jeunes aussi, le Centre de langues se veut un lieu de rendez-vous incontournable. Une partie de ses activités est ainsi consacrée à l’enseignement du français langue étrangère (FLE). Dans ce domaine, « nous proposons un diplôme universitaire (DU) à destination des étudiantes et étudiants non-francophones, mais nous offrons aussi d’autres formats dont des cours intensifs pour les arrivantes et arrivants Erasmus et des cours du soir », détaille Aline Boulahcen. 

L’offre du centre n’est toutefois pas réservée à la communauté étudiante. Les cours de langues, notamment, sont ouverts à tous les personnels académiques, scientifiques, administratifs et techniques de l’université, dans le cadre de la formation continue, confirme Kristin Kuster qui s’est elle-même essayée au suédois. Les inscriptions ont lieu deux fois par an, à chaque début de semestre. Ajouté à ces activités, le centre met à disposition ses services pour la préparation et le passage de diverses certifications. À l’Université Paris-Saclay, le passage d’une certification est d’ailleurs offert à tous les étudiantes et étudiants en troisième année de licence ou de BUT (Bachelor universitaire de technologie).

Près de 2 500 certifications passées au CEREL

À l’Université de Versailles - Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ), c’est au Centre d’études et de ressources en langues (CEREL) que l’on cultive le plurilinguisme. « Il s’agit d’un service commun de l’université qui est ouvert en priorité aux étudiantes et étudiants ayant un besoin de formation en langues », développe Florence Bourreau, directrice du centre. Mais « notre service est aussi ouvert aux personnels de l’université et aux personnes extérieures. »

Le CEREL accueille le public sur trois antennes installées sur les campus de Guyancourt, Versailles et Mantes-la-Jolie. Y sont proposés des cours et des ateliers de conversation en anglais et dans six autres langues dont l’espagnol, le russe et le chinois, en présentiel ou à distance. Côté français langue étrangère, l’offre du CEREL prend la forme d’un stage organisé tous les ans de novembre à avril et mêlant 150 heures de cours en présentiel et de formations en ligne. « Nous nous sommes spécialisés dans le domaine du FLE parce qu’il y a une demande très importante », justifie la directrice. 

« Nous préparons aussi les personnes intéressées au passage des Diplômes d'études en langue française (DELF) et du Test de connaissance du français (TCF). » Outre ces dernières, d’autres certifications sont disponibles au CEREL qui offre la possibilité de passer le TOEIC (Test of English for international communication) et le TOEFL (Test of English as a foreign language) pour l’anglais ou encore le test Bright pour l’espagnol ou l’allemand notamment. 

Sur l’année 2024-2025, ce sont près de 2 500 étudiantes et étudiants qui y ont passé des certifications pour attester de leurs compétences linguistiques. Le CEREL prépare également les lycéennes et lycéens au passage du TOEIC, dont l’obtention vient enrichir leurs dossiers pour l’enseignement supérieur.

« Join the conversation » : deux ans pour pratiquer son anglais

Ces dernières années, la formation à l’anglais des personnels a pris une autre dimension à l’Université Paris-Saclay, grâce au programme « Join the conversation ». Initié en 2022, ce parcours ouvert à tous les membres de l’établissement, vise à former des personnels administratifs et techniques à l’anglais oral et écrit, avec une approche progressive, concrète et professionnalisante. 

« Le parcours dure deux ans, à raison d’une heure de cours par semaine en distanciel avec l’une de nos formatrices », détaille Lilia Messabihi, assistante de formation au sein de l’Institut de formation des personnels/Observatoire des compétences de l’université. Les apprenantes et apprenants sont répartis en groupe de niveau, en fonction des résultats des tests passés à l’inscription. En complément des cours, des rencontres en présentiel sont organisées à travers des événements « Get together » qui invitent à pratiquer l’anglais en situation réelle et sur des thématiques spécifiques. « Il y a par exemple eu une visite de La fabrique à CentraleSupélec », illustre Lilia Messabihi.

Si le programme continue d’évoluer pour s’adapter au plus près aux besoins des apprenantes et apprenants, il semble déjà porter ses fruits. Quelque 170 personnels composaient la première cohorte qui a achevé son cycle en juillet 2024 par des tests de certification. 44 % d’entre elles et eux ont enregistré une progression de leur niveau d’un échelon, et 8 % de deux échelons, selon le Cadre européen commun de référence pour les langues (CECR). Cette montée en compétences linguistiques se conjugue avec certaines opportunités, telles que celle de vivre une expérience professionnelle européenne avec le dispositif Erasmus+.

Aujourd’hui, une deuxième cohorte de 160 personnels a pris le relais et devrait achever son cycle en juillet 2026. Il est cependant possible de rejoindre le parcours à chaque rentrée universitaire, en s’inscrivant via la plateforme Geforp ou en contactant l’équipe chargée du programme de formation.

Un coaching personnalisé avec l’Academic writing center

D’autres initiatives existent pour améliorer ses compétences dans la langue de Shakespeare. Parmi elles, se trouve l’Academic writing center (AWC) qui s’adresse spécifiquement à la communauté scientifique et académique. Il propose un service de relecture et de coaching afin d’accroître la maîtrise de sa communication scientifique en anglais dans les articles et publications, les enseignements, les conférences et tout autre évènement professionnel. 

Créé fin 2019 par CentraleSupélec, l’AWC a étendu ses services à l’ensemble de l’Université Paris-Saclay depuis 2021. « Quiconque a une affiliation à l’un des établissements de l’université a la possibilité de bénéficier de nos services gratuitement », détaille Mélissa-Ann Thomas, l’une des quatre formateurs et formatrices de l’AWC. Pour les doctorantes et doctorants par exemple, « nous avons des cours qui abordent à la fois la communication scientifique écrite et oral », et qui donnent des clés pour rédiger une publication scientifique, une demande de subvention ou encore un dossier de candidature.

Au-delà des cours, la particularité de l’AWC est surtout de proposer un accompagnement individuel. « Via notre site Internet, les personnes prennent rendez-vous avec notre équipe en nous donnant une idée de ce dont elles ont besoin. » De cette façon, un chercheur ou une chercheuse peut notamment faire appel au service de relecture de l’AWC. « C’est un service unique parce que rien ne nous est envoyé à l’avance. Qu’il s’agisse de préparer un manuscrit ou une conférence, nous faisons tout en direct avec la personne. L’objectif est de lui donner des conseils et des astuces afin de gagner en autonomie. » 

Depuis 2019, plus de 1 400 heures de coaching et 1 300 heures de cours ont été dispensées par l’équipe de l’AWC qui enrichit régulièrement ses activités. Récemment, un nouveau cours a été initié sur la question de l’impact de l’intelligence artificielle générative sur le processus d’écriture scientifique. Fin 2025, Michelle Awad, formatrice au AWC, a également lancé un podcast en anglais qui met en lumière des personnalités de la communauté de l’Université Paris-Saclay et leurs initiatives en matière de communication scientifique.

Tandems linguistiques, ateliers de conversation, théâtre…

Comme à l’AWC, l’équipe du Centre de langues mutualisé fourmille d’idées pour décliner l’apprentissage des langues sous d’autres formats que de simples cours. S’y tiennent ainsi des ateliers de conversation animés par des tuteurs ou tutrices étudiantes bilingues et qui donnent l’occasion de pratiquer oralement l’anglais, l’allemand ou l’espagnol. Autre exemple : les tandems linguistiques qui consistent à mettre en contact un ou une étudiante internationale apprenant le français avec un ou une étudiante franco-phone apprenant la langue maternelle de l’autre.

Par ailleurs, « il y a plein de projets intéressants qui se développent pour celles et ceux qui ont déjà un certain niveau d’anglais », complète Kristin Kuster. Le débat en anglais s’est ainsi trouvé une place, sous la forme d’un club composé d’étudiantes et étudiants de l’Université Paris-Saclay (hors CentraleSupélec qui possède son propre club). En janvier dernier, un cours de théâtre en anglais a également vu le jour. « L’objectif est de proposer quelque chose d’hybride entre travailler ses compétences en anglais, entraîner ses qualités de comédien ou comédienne, et développer sa pratique théâtrale », éclaire Aline Boulahcen.

En partenariat avec la Direction des relations internationales et européennes (DRIE), l’équipe travaille en outre à relancer des cafés des langues pour encourager les rencontres internationales et cultiver l’interculturalité au sein de l’université. « Au Centre de langues, c’est aussi notre rôle de travailler avec les professionnels des différentes entités pour comprendre ce qui se fait, relayer les initiatives et encourager les dispositifs mutualisés en matière d’enseigne-ment des langues et d’interculturalité », confirme la directrice. À l’Université Paris-Saclay, « nous avons la chance d’avoir une population très diverse qui vient des quatre coins du monde. C’est donc important de faire des choses pour se comprendre, au-delà des langues », conclut Kristin Kuster.

Ressources :

Couverture de L'Edition 29

 

 

 

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