La science ouverte à AgroParisTech

Etablissement Article publié le 22 septembre 2020 , mis à jour le 24 septembre 2020

AgroParisTech, établissement-composante de l’Université Paris-Saclay, a défini il y a peu sa politique vis-à-vis de la science ouverte et son plan d’action pour les années à venir. L’établissement affirme son engagement en faveur d’une science la plus ouverte possible aux chercheurs et au grand public, arguant que la recherche doit être accessible à tout citoyen qui souhaiterait s’y intéresser.

Promouvoir une science aussi ouverte que possible, depuis la formulation d’hypothèses jusqu’à la production de connaissances, telle est la visée d’AgroParisTech. Au travers d’une série d’actions, déjà mises en place ou en cours de l’être, l’établissement souhaite rapidement aider à créer un environnement qui facilite l’ouverture, la libre circulation et la réutilisation des processus et des résultats de la recherche.

Une politique d’établissement engagée dans la science ouverte

AgroParisTech a commencé à mener des actions en 2011, avec l'ouverture du portail HAL-AgroParisTech, son archive ouverte institutionnelle. Cette ouverture s’est trouvée renforcée par une politique de dépôt des publications scientifiques de l’établissement dans cette archive, facilitée par la Loi pour une République numérique. Pour que les chercheurs acceptent de déposer leurs publications en accès ouvert, l’accent est mis sur l’accompagnement, la formation et la sensibilisation. À l’été 2020, environ 50 % des articles scientifiques publiés par les cadres scientifiques d'AgroParisTech en 2019 et 60 % des articles publiés en 2018 sont disponibles en accès ouvert via HAL-AgroParisTech. 

L’établissement apporte également son soutien à différents dispositifs, tels que Peer Community in, un service en accès ouvert permettant à des chercheurs de se constituer en communautés de spécialistes pour valider des préprints, des articles qui n’ont pas été révisés par des comités de relecture de revues scientifiques. AgroParisTech soutient également d'autres acteurs de la science ouverte, via les dispositifs mis en place par Couperin, un consortium d’universités et d’institutions scientifiques françaises ayant pour objectif de négocier avec les maisons d’édition les frais d’abonnements à leurs revues scientifiques. « Plus récemment, nous avons adopté une politique d’établissement en matière de science ouverte. Elle aborde les différentes facettes que nous regroupons sous ce terme et se décline dans les missions et activités d’AgroParisTech (soutien à la recherche, enseignement, communication, édition, etc.). Elle est active depuis cette année. Nous avons également engagé un travail sur les données de la recherche, pour aller plus loin sur les aspects de gestion et d'ouverture de ces données produites par notre communauté de recherche », explique Eva Legras, ingénieure documentaliste au sein d’AgroParisTech.

La science participative comme ouverture au public

La science participative s’intègre totalement dans cette conception de la science ouverte. Il s’agit typiquement d’une approche rappelant que l'ouverture de la recherche ne se fait pas seulement par les chercheurs et pour eux, mais aussi, et dans la mesure du possible, pour que les personnes qui ne sont pas scientifiques puissent devenir parties prenantes d'une activité de recherche.
« Elle se situe à l'intersection entre la science ouverte et les liens entre science et société. Nous menons actuellement une réflexion pour mieux comprendre de quoi elle relève, ce qu'on peut encourager, quels en sont les bénéfices pour les enseignants-chercheurs dans le cadre de l’écriture d’une politique à venir sur les liens science et société », explique Alexandre Péry, directeur de la recherche et de la valorisation à AgroParisTech. Plusieurs laboratoires attachés à AgroParisTech expérimentent déjà ce principe de science participative, notamment le laboratoire  Écologie, systématique & évolution (ESE - Université Paris-Saclay, CNRS, AgroParisTech) qui a développé, avec l’appui de deux cadres scientifiques d’AgroParisTech, l’application BirdLab. Cette application permet à n’importe qui possédant une mangeoire à oiseaux de participer à des études sur les comportements des volatiles durant l’hiver. 

Un engagement pour l’avenir

La politique d’AgroParisTech tient compte des situations pour lesquelles des mesures de confidentialité demeurent nécessaires et requises (projets de valorisation, relations contractuelles, etc.). L’établissement n’en reste pas moins un acteur public qui possède, de ce fait, la capacité de lever les barrières à la diffusion élargie d’un grand nombre de ses recherches. « La science ouverte est un mouvement qui va de pair avec l'ambition même de la recherche publique de partage avec la société. Elle implique des changements dans la manière de pratiquer la recherche qui ne sont pas forcément simples pour tout le monde. Nous vivons une période de transition sur ces questions », précise Eva Legras. Cette période de transition est déjà bien amorcée au sein de l’établissement. Grâce à une politique et un fort engagement de la part de ses acteurs, la science ouverte a de beaux jours devant elle !