Jardin botanique : à la découverte du patrimoine végétal de l’Université Paris-Saclay
Chaque année, de mars à novembre, le Jardin botanique de l’Université Paris-Saclay propose une série de visites thématiques pour découvrir ses collections, son histoire et s’initier à la botanique. L’occasion de mettre en lumière les activités du jardin qui s’inscrivent dans une longue tradition scientifique et pédagogique. (Cet article est issu de L'Édition n°30)
En ce jeudi après-midi de mars, un petit groupe s’est formé à l’entrée du campus d’Orsay. Le soleil est déjà chaud pour une veille de printemps. Et ses rayons dardent à travers les branches d’un magnolia couvert de fleurs. Comme une introduc-tion à l’expérience qui attend la quinzaine de curieuses et curieux venus assister à la visite du Jardin botanique de l’Université Paris-Saclay. C’est la première des visites organisées chaque année, entre mars et novembre, par le Service environnement et paysages de la Direction de l'aménagement, du patrimoine et de l'immobilier (Dapi) de l’université, en charge de la préservation et de la valorisation du jardin. Au programme du jour : un retour sur l’historique du lieu et ses collections, et une balade découverte de ce patrimoine insoupçonné.
Dans le dédale de bâtiments du campus d’Orsay, se cachent en effet de nombreux trésors végétaux répartis sur quelque deux cents hectares. Mais il faut prêter attention aux abords des chemins pour observer les collections disséminées qui forment le Jardin botanique de Launay, de son nom historique. « Le nom Launay vient des aulnes. Ce sont des arbres qui apprécient avoir les pieds dans l’eau », explique Delphine Albert, responsable adjointe du Service environnement et paysages. Avec l'Yvette, la rivière voisine, les arbres ont trouvé de quoi les satisfaire sur le domaine.
Près de 2 500 taxons venus du monde entier
Le Jardin botanique a vu le jour dans les années 1960, peu après l’installation de ce qui était alors le centre d’Orsay de la Faculté des sciences de Paris. Depuis, ses collections n’ont eu de cesse de s’enrichir pour compter aujourd’hui quelque 2 500 taxons venus du monde entier. À ceux-ci s’ajoutent bien d’autres espèces végétales présentes dans les milieux naturels du campus. « Le Jardin botanique a une triple mission : une mission de conservation, une mission scientifique et une mission pédagogique », détaille Delphine Albert au cours de la visite qui se poursuit en face du bâtiment 300.
C’est ici que se trouve le paysage oriental, un ensemble de plantations d’inspiration chinoise et japonaise. On y observe des azalées, des buis, des bambous. « Il y a également une rocaille zen composé d’éléments minéraux – de pierres et de sable – qui invite à la contemplation », décrit la responsable adjointe. Quelques mètres plus loin, un bosquet d’arbres est l’occasion d’illustrer les missions du jardin à travers son système d’étiquetage. Chaque végétal de la collection est porteur d’une étiquette indiquant son genre et espèce, son nom vernaculaire, son aire de répartition, ainsi que son numéro dans la base de données du parc.
Dans un bosquet, un érable du Japon se partage le territoire avec un parrotie de Perse, un cèdre de l’Himalaya et un chêne pédonculé, livrant un échantillon de la diversité des collections. Si ce chêne a de quoi impressionner, il n’équivaut pas le vénérable spécimen bicentenaire de trente-cinq mètres de haut qui bordait la montée vers le bâtiment 300, jusqu’à sa chute à l’été 2024. Pour admirer des arbres d’exception, c’est toutefois dans une autre zone qu’il faut se rendre : à l’arboretum.
L'arboretum de collection du Jardin botanique
La rocaille alpine (© UPSaclay-Service environnement et paysages)
Arbres en danger, pommiers et camélias
Situé dans la partie Est du campus, l’arboretum comprend une cinquantaine d’espèces figurant sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN). On y observe des arbres comme le métaséquoia de Chine et le genévrier des Bermudes, tous deux en danger d’extinction. L’arboretum n’a pas un réel rôle de conservation, quelques individus ne suffisant pas à assurer la survie d’espèces vulnérables. Mais cette collection sensibilise aux menaces qui pèsent sur les espèces végétales mondiales.
Un peu plus au sud, à proximité du bâtiment 360, se trouve un autre lieu emblématique, le verger Nozeran qui recèle une collection de pommiers, de poiriers et de pruniers de variétés anciennes. Il est géré par l’Association Bures Orsay Nature (ABON) qui se charge de l’entretien des arbres et la récolte des fruits. Mais l’endroit est voisin d’une autre collection très prisée. Initiée en 1993 par Max Hill, ingénieur de recherche en physiologie végétale, elle donne à voir une centaine
de variétés de camélias.
« L’objectif était de créer une collection de référence en Île-de-France qui n’est pas la terre de prédilection du camélia », relate la responsable adjointe. « Au départ, 77 variétés ont été plantées. Puis la collection a été enrichie par d’autres pépinières ». Roses, blanches, simples, doubles, imbriquées ou non : l’ensemble donne un remarquable aperçu de la diversité de forme et de couleurs des camélias.
Entre science, conservation et pédagogie
La triple mission du Jardin botanique s’illustre également à travers la serre de biologie végétale de l’Unité de formation et de recherche (UFR) Sciences de l’Université Paris-Saclay, qui abrite les collections intérieures du jardin. En plus d’être un terrain d’expérimentation pour les recherches et enseignements, celle-ci comprend un espace pédagogique qui accueille les groupes scolaires pour des ateliers autour des plantes.
Parmi ses multiples activités, l’institution compte en outre un catalogue de semences entretenu chaque année par l’unité Pépinière et graineterie. On y trouve quelque 90 références d’espèces provenant des milieux naturels du site, comme la reine-des-prés ou l’angélique des bois dont la floraison démarre à l’été. « À chaque saison, on ne voit pas les mêmes choses », confirme Delphine Albert. Une bonne raison d’aller s’aventurer, dès cet été, sur la piste des trésors végétaux du campus d’Orsay.
En savoir plus :
- Programme des visites 2026 du Jardin botanique de Launay : https://www.universite-paris-saclay.fr/luniversite/les-campus/le-jardin-botanique-de-launay
- A l'occasion des Journées du patrimoine, une visite guidée du Jardin botanique est organisée le 19 septembre à 14h (Plus d'informations sur l'événement correspondant). L'association Bures-Orsay Nature propose également une visite libre du verger Nozeran les 19 et 20 septembre (Plus d'informations sur l'événement).
Cet article est issu de L'Édition n°30.
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