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Coupe du monde de rugby 2023 : Thomas Lombard, le réseau des diplômés passion ovalie

Alumni Article publié le 13 octobre 2023 , mis à jour le 23 janvier 2024

Thomas Lombard est diplômé de la Faculté des sciences du sport, quatre fois champion de France, il est désormais Directeur Général du Stade Français Paris. Engagé dans la reconversion professionnelle des joueurs, il a fondé Stade Académie, une structure qui accompagne les joueurs et les joueuses de rugby dans leurs études. Il partage avec nous, à l’occasion de la Coupe du Monde de Rugby 2023 qui se tient en France, sa passion pour l’ovalie.

Thomas LOMBARD, Directeur Général du Stade Français Paris, un rugbyman médaillé engagé pour la reconversion professionnelle des sportifs

Quel est votre parcours de formation ?

J’ai intégré l’Université Paris-Saclay et la Faculté des sciences du sport après un bac littéraire « sport-étude » option rugby obtenu au lycée Lakanal à Sceaux. Je suis diplômé d’un DEUG (équivalent d’une licence aujourd’hui) en professorat d'éducation physique et sport. Après mon DEUG, j’ai enchainé avec mon service militaire qui était obligatoire à l’époque, puis je suis devenu joueur de rugby professionnel.

Pourquoi avoir choisi l’Université Paris-Saclay ?

Le rugby, qui est mon sport de prédilection, est un petit monde où tout le monde se connait. J’avais eu de bons retours sur le niveau d’étude et de rugby de la Faculté des sciences du sport de Paris-Saclay qui a été confirmé par des étudiants déjà inscrits que je connaissais et dont j’ai eu des retours d’expérience encourageants.

Quel souvenir en gardez-vous ?

Un de mes premiers souvenirs est le championnat de France universitaire de rugby que j’ai pu disputer à mon arrivée. L’équipe de l’Université Paris-Saclay est arrivée en finale mais avons perdu contre l’Université Toulouse III Paul Sabatier.

Mes années d’étudiant ne représentent que de bons souvenirs. C’est le temps de l’insouciance, où l’on alterne entre cours, sports et rugby avec une bande de camarades de promotion qui se retrouve pour la soirée étudiante du jeudi. Il n’y avait aucune considération d’argent et le monde du rugby qui a su garder son authenticité aujourd’hui était encore plus simple à l’époque.

Depuis quand jouez-vous au rugby ?

J’ai toujours été passionné par le rugby. J’ai d’abord joué au Chesnay puis à Versailles puis au Racing Club de France, en parallèle de mes études. J’ai profité de la filière « sport-étude » au Lycée Lakanal puis de mon cursus à Paris-Saclay. J’ai toujours pu concilier sport et étude puisque les entrainements avaient lieu le soir, trois fois par semaine, et les matchs, le week-end.

Quels a été votre parcours de rugbyman professionnel ?

C’est en évoluant au Racing Club de France dans le 92 que j’ai pu me professionnaliser, j’ai ainsi pu rejoindre l’équipe de France senior, puis le Stade Français où nous avons remporté 4 fois le titre de champion de France et le célèbre Bouclier de Brennus. J’ai alors eu l’opportunité de rejoindre l’équipe de France avec une première sélection en 1998, j’ai été sélectionné 4 années successives jusqu’en 2002. En parallèle de cette sélection dans l’équipe nationale, mon club est resté le Stade français de 1997 à 2004, j’ai rejoint ensuite l’Angleterre et les Worcesters Warriors de 2004 à 2007, enfin en 2008 j’ai effectué une dernière saison au Racing.

Crédit photo : Papon pour L’Equipe – Evènement : Stade Français – Montferrand – Date : 28/04/2004

Pouvez-vous revenir sur votre reconversion professionnelle qui est exemplaire ?

Fin 2008, j’ai eu un problème médical, ce qui peut malheureusement arriver, mais qui m’a obligé d’arrêter de jouer.

J’ai eu l’opportunité de devenir consultant sport et journaliste sportif de 2007 à 2019, pour la radio chez RMC, avec le RMC Info Talk Sport et pour la télévision chez Canal+. Mon rôle était de commenter des matchs, de participer ou même d’animer des émissions consacrées à l’ovalie.

J’ai aussi animé une série de conférences sur le thème du sport au service de l'entreprise, un thème qui permet d’évoquer la transversalité des valeurs, l’esprit d'équipe, ou encore la motivation.

La reconversion professionnelle des sportifs de haut niveau vous tient à cœur. Pourquoi ?

J’ai moi-même vécu une reconversion professionnelle en tant que sportif de haut niveau et je sais que ce n’est pas un moment simple car c’est un changement de vie. J’estime avoir « réussi » ma reconversion professionnelle mais j’ai vu beaucoup de rugbymen ne pas avoir la même chance. La vie change radicalement car la vie au club offre un confort financier et une prise en charge totale du quotidien. Le club vous accompagne pour trouver le bon logement, la bonne école pour vos enfants, vos repas sont pris en charge ainsi que vos déplacements, votre agenda est rythmé par les entrainements et les matchs, on lave votre linge, « le monde semble tourner autour de vous ». Vous êtes finalement dans une bulle coupée du monde réel. La fin de la carrière professionnelle donne un coup d’arrêt assez brut à cette vie, il faut donc savoir rebondir.

Vous avez réalisé un documentaire sur l’importance de la reconversion professionnelle. Pouvez-vous nous en dire plus ?

J’ai en effet réalisé un numéro inédit de 35 minutes pour l’émission « Sport Reporter » intitulé « Rugby, la mauvaise éducation ? » dans lequel je questionne le chemin dangereux emprunté par beaucoup de rugbymen professionnels qui négligent ou délaissent leur formation au détriment de la pratique unique du rugby. Derrière, il y a un souci de reconversion au moment de la la fin de la carrière avec la retraite entre 30 et 40 ans mais qui peut aussi arriver beaucoup plus brutalement avec une blessure empêchant la reprise du jeu professionnel.

J’ai eu la chance d’évoluer à une époque où les joueurs pouvaient encore allier poursuite des études et ambitions sportives de haut niveau, notamment grâce aux clubs sportifs des écoles et des universités. Aujourd’hui, la professionnalisation du rugby français semble avoir séparé les deux projets. Le modèle anglais, où la tradition universitaire perdure, est différent.

Revoir l’émission : https://www.canalplus.com/sport/sport-reporter-la-mauvaise-education-ru…


Crédit photo : Sport Reporter pour Canal+

Vous êtes aujourd’hui Directeur Général du Stade Français Paris. Pouvez-vous nous racontez cette nouvelle étape professionnelle ?

Depuis fin 2019, je suis directeur général du Stade Français Paris. Je dirige une structure de 160 salariés avec un club de rugby professionnel et un stade (le Stade Jean Bouin dans le 16ème arrondissement de Paris) ainsi que ses différents pôles : sport, entrainement, match, sélection, billetterie, communication, sponsoring, opération marketing, location d’espace, logistique ; mon quotidien peut aller de la sélection des joueurs à la gestion de l’espace du Stade Jean Boin et sa location hors match de rubgy.

Découvrir le Stade Français : https://www.stade.fr/

Découvrir le stade Jean Bouin : https://www.stade.fr/stade-jean-bouin/

Au Stade Français, vous avez créé « Stade Académie » pour accompagner l’insertion professionnelle des joueurs après leur retraite sportive. Quels sont les principes de Stade Académie ?