Illustration santé mentale

Avec PrISSM, apprendre à repérer les signes de mal-être pour aider et orienter

Vie de l'université Article publié le 03 mars 2026

Depuis 2023, le Service de santé étudiante (SSE) de l’Université Paris-Saclay propose un programme destiné à informer et sensibiliser sur les questions de santé mentale. Nommé Prévention, information et sensibilisation en santé mentale (PrISSM), il vise à mieux repérer les signes de mal-être chez les étudiantes et étudiants, et donner des pistes pour écouter, agir et orienter vers des professionnels. (Cet article est issu de L'Édition n°28)

Désignée « grande cause nationale » en 2025 par le gouvernement, la santé mentale est devenue un enjeu majeur de santé publique. En France, on estime qu’une personne sur cinq – soit environ treize millions de personnes – est affectée d’un trouble mental. Et la population étudiante y est particulièrement vulnérable. Le passage à l’âge adulte est en effet lié à de nombreux bouleversements qui sont propices à l’apparition de difficultés psychologiques allant jusqu’à des troubles psychiques. Pourtant, comme l’ont confirmé des études, beaucoup de jeunes adultes continuent de mettre de côté leur bien-être mental. Un nombre non négligeable d’entre elles et eux déclare également manquer de ressources pour affronter de telles difficultés. 

À l’Université Paris-Saclay, la problématique de la santé mentale est prise très au sérieux par le Service de santé étudiante (SSE) qui propose, depuis 2023, un programme spécialement dédié. Nommé Prévention, information et sensibilisation en santé mentale (PrISSM), il vise « à aider les étudiantes et étudiants à mieux repérer les signes de mal-être, que ce soit chez eux ou chez les autres, et à leur donner des pistes pour agir, écouter et orienter vers des professionnels si besoin », précise Valérie Lelièvre, psychologue au SSE qui a contribué au déploiement de PrISSM.

L’idée d’un tel projet est née d’une initiative ministérielle demandant aux universités de proposer à leurs communautés un dispositif déjà existant, le PSSM, programme de premiers secours en santé mentale. « Mais deux personnes du SSE ont participé à une formation et constaté que ce n’était pas tout à fait adapté au public qui nous concerne, les étudiantes et étudiants. Nous avons donc conçu, en collaboration avec les médecins, infirmières et infirmiers et psychologues, notre propre programme qui répond mieux à leurs besoins. »

Des mises en situation pour apprendre à sortir de l’impasse

Le programme PrISSM se déroule en deux phases. Il démarre par une première journée de sept heures, durant laquelle deux professionnels du SSE animent le matin un module de repérage des signes de mal-être, d’écoute active et d’orientation. L’après-midi, un ou une intervenante du Crips Île-de-France, une association spécialisée dans la prévention en santé auprès des jeunes, prend le relais avec un second module portant sur la santé mentale « hors contexte d’urgence, qui traite des émotions, des ressources internes, avec des mises en situation », précise la psychologue.

À l’issue de cette journée, les participantes et participants reçoivent une liste de ressources avec des contacts utiles, des lignes d’écoute ainsi que des liens vers des guides de santé mentale en Île-de-France. Un à trois mois plus tard, une seconde rencontre complète cette première étape et prend la forme d’une demi-journée consacrée à des mises en situation, animées par une intervenante spécialisée en théâtre-forum. « L’objectif est d’aller plus loin », détaille Valérie Lelièvre. « Les participantes et participants se confrontent à des situations d’impasse. Elles et ils doivent alors réfléchir ensemble aux leviers à activer et aux issues possibles pour débloquer cette situation. »

Si ce programme PrISSM a en premier lieu été développé pour favoriser la « pair-aidance », « nous ne savons pas dans quel état de santé mentale arrivent celles et ceux qui y participent », relève le Dr Brigitte Caron, médecin directeur du SSE. « Et nous constatons que c’est aussi utile pour ces personnes elles-mêmes parce que cela leur donne des ressources pour agir si elles sont concernées. » Depuis 2023, une vingtaine de sessions, financées par la Contribution de la vie étudiante et campus (CVEC), ont été organisées, totalisant 272 participations. Des séances dédiées se sont égale-ment tenues dans des cursus spécifiques tels que le Diplôme universitaire Réagir, rebondir, réussir (DU3R, voir l’article Formation paru dans L’Édition n°26).

« Nous avons une augmentation du nombre de participations chaque année », confirme Valérie Lelièvre. « Nous prévoyons encore douze sessions, au minimum, au cours de cette année universitaire 2025-2026, en essayant d’être présent sur tous les campus. L’année dernière, nous avons tenu des sessions à Cachan, Sceaux, au Kremlin-Bicêtre, à Orsay Vallée, Orsay Plateau et à AgroParisTech. »

Des sessions pour les personnels en contact avec la communauté étudiante

Auparavant réservé à la communauté étudiante, le programme PrISSM s’est récemment ouvert aux personnels en contact avec cette même communauté. « Sur le terrain, lorsqu’il y a des situations d’urgence, ce sont souvent les enseignantes et enseignants ou la scolarité qui se retrouvent en première ligne face à l’étudiant ou étudiante en détresse. Or, elles et ils n’ont pas forcément les notions sur comment relativiser, aider ou vers qui orienter », justifie Brigitte Caron. « Si on ne travaille pas sur les deux angles, cela reste déséquilibré et insuffisant pour agir face à de telles situations. »

Après une session pilote en juin 2024, cinq séances ont eu lieu durant l’année universitaire 2024-2025, réunissant quelque 90 enseignantes et enseignants, référentes et référents internationaux et handicap ainsi que d’autres personnels. « Cela nous confirme les besoins et nous allons continuer à proposer cette offre avec le service des ressources humaines », indique Valérie Lelièvre. Quatre à cinq journées de formation à destination des personnels sont programmées pour l’année universitaire 2025-2026. Les prochaines sessions ont lieu en mars 2026.

Couverture de L'Edition 28

 

 

 

Cet article est issu de L'Édition n°28.
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