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Recueil de textes écrits en atelier slam

Ce recueil vous présente les textes écrits par les participantes et les participants de l'atelier d'écriture et d'expression poétique de l'année 2021.

Je suis une intru dans notre entrevue :
La prof, la professionnelle
Celle qui doit donner les retenues et avoir tout retenu
Pourtant je ne suis pas sévère !
Et vous ne pouvez rien faire de travers.
Réunis, nous sommes les visiteurs d’univers ouverts
De la sève de nos lèvres,
De notre ventre à nos rétines
Suintent la teneur de notre vérité entière

Clionne

Université

La boule au ventre le premier jour,
Les mains que tremblent et qui transpirent,
La peur qui prend le dessus…
Respire, aller inspire, expire ça va aller,
Continu, écoute, observe comme toujours.
Reste calme, respire.
Oh tiens, elle a l’air sympa, oh eux aussi !
Oh my god de quoi il parle, j’ai jamais entendu parler de ça !
Respire, respire, aller inspire, expire…

Le stress en réalité peut être un moteur ou un frein, à toi de choisir.
Dompte-le, prend le contrôle, ce n’est pas à lui de décider pour toi alors prend les rênes,

C’est TA VIE A TOI !

Univers éteint
Senteur disparue
Où est-elle,
Elle qui ne revient plus ?
Un vin de vers
Pour m’enivrer
La vérité est vaine
Quand le simulacre apaise.
L’inertie sévit
Et la sève froide
Suinte de ce ventre inusité.
Chaleur utérine,
Verse-toi de nouveau
Sur ce peuple oublié.

En vitrine, on retient on révise
Mais sur le sentier de l’université survient tout un univers pas tout a fait cité
Surtout si t’es qu’invité, que t’as qu’une entrevue de la vitrine
Investir dans du savoir, sévir en quête de vérité de science et d’idées?
S’enivrer de connaissance sans perdre sa propre essence?
Aspirer à un revenu en gardant sa vertu ?
Désolé je ne sais pas, j’ai pas eu d’UE sur ça...
En vérité je m’éteins tout entier quand cette intruse s’amuse à me torturer
Résumé assez partiel je dois le dire
Tellement partiel que rien qu’à entendre ce mot j’en ai encore des spasmes
Résumé, sans retenue, porté par l’inertie expériences neutres.
D’un trop plein d’inerte,
J’avais de quoi tergiverser sur la couleur des nuages
Pour abriter de l’imagination et plus d’interrogations que toutes celles sur table
J’avais des yeux pour rêver le monde
Je n’ai plus qu’une rétine pour le disséquer
Et des glandes lacrymales prêtes à pleurer.

Pour écouter le texte de Nicéphore, c'est par ici !

Universentier

Le bac passé, on s’élance enivrés vers l’université. On est d’abord intrus dans cet univers inconnu
On se brûle les rétines devant ces vitrines qui nous promettent la Vérité
Puis on se lance, on emprunte un sentier
Qui laissera une empreinte dans notre CV
Parfois le parcours peut être accidenté
On s’éteint, on revient sur nos pas
Et puis une rencontre survient
Et on reprend un chemin
On s’accroche on s’investit
On révise et on retient
On fait des haltes en chemin
Mais ce qui compte c’est qu’au bout de cette randonnée

On finit tous entiers.

Pour écouter le texte de Camille, c'est par ici !

Je te fréquente depuis une douzaine d’années
Rupture utérine et décollement de rétine, des mots qui ne me parlent pas
Je me sens comme une intruse
Qui l’aurait cru?
Auparavant très investie dans les études, dans cet univers, je devins inerte
Les autres suivent et révisent, je détourne mon esprit et médite
Un esprit tourné vers la recherche de la Vérité
Mon inertie fait naitre des doutes sur mon avenir
Peur et prise de conscience surgissent
Un auto-diagnostic, des entrevues et une solution apparait.

Comme une intruse dans un Univers
D’assurance et de virilité,
D’insouciance et de futilité,
Écrasée par la normalité,
Incertitude au ventre,
Essais infructueux
De rapprochements malheureux.

Ils sont enivrés, eux,
Ils n’ont pas besoin de vérité,
Et je cherche, esseulée,
Quelqu’un qui traversera mon sentier :
Un visiteur,
Une lueur,
Jusqu’à finir par arrêter.
Si bien
Que quand tu surviens,
Je poursuis mon chemin,
Mais tu me retiens
Et je reviens.

Il n’est pas vide
Cet univers d’université.
Il suffit d’être ouvert
Et de vouloir aimer.

Acrostiche

Dès lors que l’on recèle un peu d’humanité
Il nous apparaît étranger.
Il est le pire des défauts.
Celui qui l’a, qui vit pour lui,
Qui ne manifeste aucune espèce de délicatesse,
Comment peut-il affirmer qu’il aime ?
Et qui sait rendre ses gens heureux ?

Sang sur mes mains car j’ai M
Une U topie d’un destin dans les profondeurs des O
R inspire moi que je respire ou plonge pour gagner mon sal U
Vacillant sur un fil je ne sais plus quoi f R
Il y a bien longtemps que je n’ai plus d’env I
E ux l’ignorent mais vais-je finir six pieds sous terre ? R

Pour écouter le texte de Nicéphore, c'est par ici !

Expressions

Déception

Je t’ai connu, tu étais un mec chic ultra
Aujourd’hui, tu n’es ni net ni craquant
Voie facile au lieu de voie du salut tu as choisi
De fil en aiguille, tu es devenu l’As du crack, l’As de la casse
Qui vole un œuf volera un bœuf
Tu es parti à la casse, tu as perdu ta place
Mon entourage, je le veux sain et sans taches
Qui sème le vent, récolte la tempête
Te voila pris au piège dans un tourbillon sans fin
Il ne te reste plus qu’à te repentir, les portes du Pardon restent ouvertes
Dépêche-toi avant que le soleil ne se lève du mauvais coté
J’ai vidé mon sac, je suis légère comme une plume

C’est l’histoire d’un œuf... Un œuf tout neuf... N’aimant que ses neveux... neufs œufs un peu neuneus...
Jaloux de ses mamans les poules qui auront des dents... Son aura descend, sa décence s’enlise et peu à peu il perd le fil, de fil en aiguille... Et puisqu’il a également perdu la tête (qu’il retrouvera peut-être dans les nuages) il prend ses jambes à son coup et décide de s’envoler. Ah bon? il s’envole? Il vole, léger comme une plume? Non. Sinon il serait cuit ce pauvre petit Cuicui.. Voilà qu’il vole léger comme un bœuf. Qu’il vole un bœuf? Qui vole? c’est l’œuf? Attendez n’en faites pas tout un fromage ça me donne la chair de poule... Espérons simplement qu’les poulets l’arrêtent.
Je le sais en disant ça je marche sur des œufs mais ça casse pas trois pattes à un canard après tout... Vous auriez préféré que je n’écrive rien et que je vous pose un lapin? Par ce froid de canard de toutes ces histoires j’en fait pas un nanar... Sinon on dira que j’ai une araignée au plafond, que je suis le dindon de la farce...
Bon. Ça y est... Il faut que je reprenne du poil de la bête, que je retourne au charbon pour retrouver le bon bout... Sinon c’est con, on s’ennuiera comme des rats morts et ça je le supporterai encore. Triste sort pas vrai? Je vous torture à coup de suspense alors qu’on est copains comme cochon. Faut pas pousser mémé dans les orties moi j’vous le dit ces conneries c’est fini. Et avant que vous donniez votre langue au chat sur le fin mot de cette histoire d’œufs. D’œuf ou de vieux? Ah... euh... les deux?
Ah euh... On dirait pas mais j’y veille au grain moi à ce que cette œuf finisse son histoire, sans faire trop d’histoires bien sûr. Mais qu’est-ce que j’y peux si les œufs me font raconter des salades? Bandes de malades... Je nage à contre-courant dans un étang sanglant...
Je ne prends pas de gants j’accepte d’être dément, fou à lier en bonne compagnie de vous mes chers alliés. Je pars à la chasse chercher ma place à l’asile le plus proche et au son de la cloche je retourne repêcher mes mots qui m’échappent un peu trop.
C’est comme ça. On est aux prises avec les mots on essaye de faire éclore des œufs en rajoutant notre grain de sel comme on peut hélas des jolis on en pond très peu.
et c’est tant mieux et c’est tant pis, c’est ça la poésie.

Pour écouter le texte de Nicéphore, c'est par ici !

Dix mots

Vérité bâillonnée

Aujourd’hui, la parole est muette
L’horloge scande les heures
Je me sens hors du monde, à part, j’ai que du sombre en moi
Comme une corde au cou, la rage au ventre mais impossible de la hurler
Les mots raclent ma poitrine, je les sens prêts à éclater vers l’Autre
Mais quelque chose bloque, soudain la circulation est coupée, le circuit est fermé
Ils retombent lentement s’enterrer dans mon ventre

Et je mens.

Pour écouter le texte de Camille, c'est par ici !

Horloge

Je ne l’entends pas
Mais je le sens intensément
Ce tic-tac incessant
De l’horloge
Qui avance qui avance
Qui court
Je ne rage pas
(pas exactement)
Je la ressens
C’est tout
Cette horloge muette
Au-dessus de ma tête
Qui me regarde
Ou bien c’est moi qui la regarde
Au lieu de voir autour de moi
Elle me renvoie
Cette horloge
Dans le circuit des « aujourd’hui »
Qui se succèdent
Sans me laisser le temps
De m’arrêter pour respirer pour écouter
Et je devrais me concentrer
Sur aujourd’hui
Mais je suis assourdie
Par ce tic-tac muet
Qui m’envahit
Et je vais vers l’avant
Sans bouger d’où je suis.

Aujourd’hui l’oracle c’est l’horloge
Elle résonne plus intensément, vers onze heures dix
Vers onze heures ou dans quelques vers intensément déclamés

Pourquoi? Parce que notre courage a décidé d’être muet,
on tourne en circuit court, en circuit cuit
On fait le tour de l’horloge et rien n’arrive
Nous voilà vidé de tout, vidé d’envie vidé de sens et de courage
On ne veut plus que courir avec rage
Avant que les dix minutes de préparations ne nous rattrapent...
Ah il nous en faudrait d’un autre type, des verres à se partager à l’apéro du slam
Qu’on nous livre au plus vite de l’alcool
Ou du moins l’ivresse littéraire
En voilà un drôle de calmant, cherchez-y un tant soit peu de courage,
Tant qu’il est encore temps, tant qu’on le peut encore un peu, santé !

Pour écouter le texte de Nicéphore, c'est par ici !

Lendemain de défaite

7h dring dring le réveil te sonne
Ça résonne dans ta tête un concert rien que pour toi
Lendemain de fête qui chante plutôt la défaite
Tu te lèves, gueule même pas démaquillée
Tu bois des remèdes mirages qui te font sentir léger
Léger comme une enclume, oui !
Mais pas le temps, pas le temps
C’est l’heure faut y aller
Tu crawles, tu crawles à contre-courant
Dans la foule humaine de cet océan
Mais toi t’es pas le requin, ni même le dauphin
T’es juste l’anguille au bout du fil de pêche
L’anguille en bout de file
Mais fais pas l’étonné, tu le savais
On te l’a assez répété
Les hommes c’est comme les voitures
Qui va à la casse perd sa place.

Pour écouter le texte de Camille, c'est par ici !

Ôde

Organe dur, couleur d’ivoire, extension du squelette Couronné de couronnes enracinés dans ma gencive... Vous voilà.
Ôde à vous mes révolutionnaires! Ôde à vous que les dentistes veulent faire marcher au pas mais qui JAMAIS ne rentreront dans le rang...
Alignées en formation désordonnée
Sortons nos peintures de guerre, notre dentifrice au fluor et filons!
Filons nos métaphores!
J’ai une dent contre vous
une dent contre tout et 31 autres contre moi...

Contre-moi à mes côtés, au plus près de mes paroles les plus folles, des gardes fous farouchement opposées au mots trop frivoles
Elle est bien loin l’époque des dents de lait, tombés au combat, ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort et sans effort on mastique, on mastique, on mâche mais jamais nos mots!
Carnassièrement poétesses, mes incisives invectivent assurément... Elles sifflent sans se soucier des soucis d’assonances, elles sont dans la résistance
Endodontie, occluso dontie, odontologie, implantologie protection des caries ou carrément chirurgie, implantation de prothèses ET MEME DE BIEN TROP DE FOUTAISES
Œil pour œil, dent pour dent et à cent pour cent je soutiendrai mes dents...
Canines je vous salue, arrachez-moi des mots ou même des feuilles de laitues, peu m’importe! Mes molaires chantent en trémolo, mais jamais ne claquent des dents fassent au danger...
Mes dents sont ma sagesse, surtout celles du fond... et quand je suis au fond du trou et quand je fuis au bout du monde elles me suivent à la vie à la mort et même après...
Mon avenir est en dent de scie,
Si si je vous l’assure je ne puis m’en prémunir
Et pourtant
je peux être confiant...
Après tant de temps à croquer la vie à pleine dents...
Quand je serai sous terre,
Qu’il ne me restera plus de chair
Que mon âme bravera l’enfer
Elles n’en auront que faire
Elles, resteront sur Terre
Mes belles maximilaires
Je vous le dis et j’en suis fier
Mes dents résisteront aux vers

Pour écouter le texte de Nicéphore, c'est par ici !

Ôde à ton nombril

Longtemps tu m’es resté caché
Par crainte de trop en dévoiler
Tu avais peur de mon regard
Comme si je pouvais te trouver bizarre !
Mais t’es-tu déjà bien regardé ?
As-tu conscience de ta beauté ?
Tu es unique à ta façon
Plein de toutes ces circonvolutions
Tu dessines sous le bout de mes doigts
Un relief qui n’appartient qu’à toi
Des bosses des creux, des monts des vaux
Un univers entier à tâtonner…
O toi ! Cicatrice de Sa naissance
La mère la fin la vie le lien
A défaut d’être celui des autres
Tu es le nombril de mon monde !


Pour écouter le texte de Camille, c'est par ici !

Ô biceps puissant et fier
Gonfle-toi pour montrer que tu peux soulever des objets
(Sac de course, cartons de déménagement et autre indispensable ornement).

Honorable biceps, tu domines comme une colline sur la plaine,
Rond comme une balle de tennis,
Brillant comme une voiture de sport neuve,
Bruyante, rapide et qui pollue beaucoup.

Doux biceps, laisse-moi te caresser tendrement,
Toi qui a dû passer tant de temps
Courageusement à la salle de musculation,
Prenant tes responsabilités pour de bon
Plutôt que de perdre ces instants précieux
À lire, (instruire ou discuter un peu,
Ce qui te rendrait flasque et mollasson
(Ou pire : sensible et mesuré).

Drôle de biceps, qui se préfère à l’intellect,
Pour moi c’est non merci
Si tu n’es pas accompagné de ton voisin le triceps
Et de toute la panoplie.
Si tu ne sers pas à déplacer ton corps,
À effectuer des figures et à figurer la vie,
Tu n’es ni plus ni moins qu’un élément de décor.

Beau biceps, retourne donc au vestiaire
Aiguiser ton esprit
Car tu peux me plaire
Si tu es né de la vitalité et non de la vanterie.

Dos

Je ne te vois jamais
Oui, jamais sans un miroir
Pourtant tu es mon roi quand je m’assoie

Je te touche, oh mon dortoir !
Le plus doux des matelas
Je te ressens, oh l’autre moi !
Le bonheur se fait chair

Je t’imagine comme une lune gibbeuse
Une lune croissante qui plonge dans la mer

Pourquoi tu te caches ?
En tout cas, fais ce que tu veux
Je te lave quand je le veux
Je te caresse quand je le souhaite
Oh non ! je te gratte quand tu m’obliges

Courage

Aujourd’hui, ouvrant les yeux sur une journée nouvelle, tu te lèves
Un pas de plus vers l’avenir
Découragement et Amertume qui t’ont tenu compagnie toute la nuit
Laissent leur place à Courage, Espoir et Reconnaissance
Reconnaissant d’avoir ouvert les yeux, reconnaissant de respirer
Les oracles ne se sont pas réalisés, les oracles tardent à se réaliser
Pourtant, tu y croyais profondément
Tu aurais mieux fait de ne pas leur accorder du crédit
Ils alimentent l’espoir, nous laissent dans une position d’attente
Pendant ce temps, l’horloge tourne.
La quête du bonheur n’a pas encore porté ses fruits
Acceptation et Résilience sont nécessaires pour continuer à avancer
Aujourd’hui, Courage je souhaite aux personnes avec qui je partage mon espace virtuel
De la littérature! Quoi de mieux pour bien démarrer son week-end

Plagiat créatif

L'éducation sentimentale

J’espérais qu’elle reviendrait, que mon cauchemar prendrait fin à la vue de son teint de pomme croquée. Une vie, mais quelle vie ! Un verre de cidre pour oublier, que l’amertume coule au fond de mon gosier déjà trop plein d’alcool. Je me revois assis à la gare, à compter les minutes puis les heures sur l’horloge effrayante montée dans le grand hall comme une croix sur un parvis. Viendras-tu seulement me visiter, même en Pensées ?

On est le soir. La nuit tombe sur les ruelles désertes que traversent mon âme qui, écorchée, titube. Je suis parti de ce bar, ça puait la clope. Des ombres s’étirent le long des façades nues, battues par les vents glacés, et je marche sur les pavés froids. Cœur gros de toi, gros de ton absence. Un peu, passionnément, pas du tout. Voilà comme j’aime au crépuscule.

Je déambule, un étranger dans la cité aux lumières noires.

L'écume des jours

L’écume des jours,
Comme l’écume de la confiture
Configure la crème de son pot,
Se superpose, s’ajoute,
Déjoue et joute avec
La tension
En détention
Dans ce confinement
Ce tâtonnement
Te déconfit
Tout confit
Confie-toi
Écume ces instants enjoués
Ajoute au jour un peu de feuilleté

Liberté

Liberté, à la vie à la mort

Tu m’es longtemps restée cachée
Un grand mot vide de sens, sans essence
Un concept qui m’était inconnu, étranger

Et puis je suis tombée sur toi
Une chute verticale, radicale
Tu es devenue Idée qui me faisait rêver
Papillon à pourchasser

J’écris ton nom
Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie

Je suis née pour te connaître
Pour te nommer
Liberté


Dans les pages de mes romans
Et dans mes manuels de droit
Soudain de nulle part tu es passée partout
Liberté d’action, liberté d’expression
Liberté de circulation et liberté de religion
Liberté d’association, liberté d’opinion
Ton nom dansait dans mon esprit
Et me redonnait la vie

Je suis née pour te connaître
Pour te nommer
Liberté

Et puis ILS sont arrivés
Armes au poing, haine en bouche
Pouvoir falsifié par les maux de la peur
Ils sont nés pour te faire disparaître
Pour t’effacer
Liberté

C’est pourquoi aujourd’hui
Sur les murs de ma cité
Sur les remparts de mon cœur
J’écris ton nom
Et s’il le faut je donnerai ma vie

Je serai morte pour te faire admettre
Pour te chanter
Liberté.

Pour écouter le texte de Camille, c'est par ici !

Je croise des regards
Qui se détournent    
Je lance des bonjours
Sans retour.

Mais je veux écrire ton nom
Et par le pouvoir d’un mot
Recommencer ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer : Amitié

Y a-t-il encore quelqu’un
Prêt à faire connaissance
D’un inconnu qui cherche
Sans espérer
Une amitié ?

Alors j’écris ton nom
Et par le pouvoir d’un mot
Désire recommencer ma vie
Car je suis né pour te connaître
Pour te nommer : Amitié

Et le temps passe
Et je vieillis
Je me sens lasse
Et sans ami.
Nous qui ne nous sommes pas rencontrés
Montaigne sans la Boétie
Camus sans Char, Aragon sans Elsa
Je vivrai certes
Une fade existence.

Livré aux étoiles

Derrière les barreaux d'une chambre à l'étage
J'ouvre la fenêtre pour respirer l'air pur
Et j'entonne le chant, moi, l'animal en cage
Qui gronde

Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
Liberté.

Debout face aux lumières de la ville ; courant
Au pied d'une montagne
Gravissant les falaises
Sous les tropiques et les vents d'Ouest
J'avance
Au son des chaînes qui claquent
Grisé par les bourrasques.

Et par le savoir d'un mot
J'embrasse la vie, je souris
Je suis né pour arracher les vents
Pour les bouffer
Ô, Liberté !


Il est tard, le jour se retire sous ses ailes de feu
Et les étoiles sont éteintes
Très loin, par-delà l'immensité bleue
Dans cet azur qu'ils nomment ciel
Aux mille étreintes
Volerais-je pour vous rejoindre ?

Et par la mémoire d'un mot
Je me colle à la boue, enfourné dans la terre
Je suis né pour regarder en-haut
Pour ramper, couler vers les étoiles
Elles se meurent, qu'importe !
Qu'il pleuve des poussières d'astres
Sur mes épaules.

Je pleure ton nom, mes lèvres tremblent
Sous le ciel constellé de flammes bleues
Je te hurle : "mon feu, ma vie !
Ma chair me brûle et je crie !"
Pour me hisser
D'une marche plus haut vers toi
Liberté.

Revendication

Je ne suis pas assez forte
Dit-on
Pour pouvoir soulever le poids du monde.

C’est pourquoi en secret
Dans mon cahier
J’écris ton nom.

À l’entretien
Pour être embauchée
On m’a dit de me cacher
Sous du fond de teint
De m’abriter
Par du mascara.
Et derrière mon masque
Je ne pus m’empêcher
De me demander :
Pourquoi moi ?

Alors j’écris ton nom
Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie.

Sans cesse je dois me regarder.
Seul le miroir
Me renvoie qui je suis.

Les autres l’ont bien compris
Ces inconnus
Qui se croient tout permis.
Toutes leurs réflexions
Et toutes leurs possessions
Se moquent de mon esprit.
Seul compte mon corps
S’il est jeune encore.

À l’abri des regards
J’écris ton nom
Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie.
Je suis née pour te connaître.

Je m’accroche à cette idée :
Que je te rencontrerai.
Pour l’instant je refuse
De rester sur ce chemin
Tout tracé.
 Le silence et la beauté,
Le mariage et tous ses invités
Auxquels il me faut rêver.

Mais de mon côté
J’écris ton nom
Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie.
Je suis née pour te connaître
Pour te nommer
Égalité

Je te pensais acquise et inébranlable,
Mais finalement j’avais tort,
Les bars et JAM Session me manquent,
Pouvoir rentrer à pas d’heure.

J’écris ton nom,
Et par le pouvoir d’un mot,
J’aimerais recommencer ma vie,
Je suis née en te connaissant,
Pour te nommer LIBERTE.

Pouvoir rencontrer mes amis sans culpabilité,
Pouvoir s’amuser sans être la risée des médias,
« Les jeunes » est une catégorie qui a changé de sens,
La péjoration n’a jamais été aussi profonde.

J’écris ton nom,
Et par le pouvoir d’un mot,
J’aimerais recommencer ma vie,
Je suis née en te connaissant,
Pour te nommer LIBERTE.

Ces grands adultes qui ont une raison de plus de nous faire la morale,
Parce qu’on le sait bien que ce sont eux qui ont toutes les réponses,
Eux qui veulent dicter nos actions,
JE suis une adulte désormais !

Alors j’écris ton nom,
Et par le pouvoir d’un mot,
Je décide de commencer ma vie,
Je suis née pour te chérir,
Et pour te nommer,
LIBERTE.

Lettre d'amour

Civilités ? Non !
Pourquoi t’écrire après tout ?
Je suis las à regarder les rayons qui tombent de tes iris
Tu restes près de mes yeux et loin de mon coeur
Ce vieux coeur qui ne fleurit pas
Mais qui flétrit par la chaleur de tes flammes
Ces flammes qui te rendent aveugle

Tu me quittes, mais je n’aime pas toujours
Maintenant je crève, et il fait jamais nuit

Je t’écris
Entourée de photos de toi
Toi le toit
Qui m’abrite.
Brique par brique
Tu bâtis
Batifoles
À la folie
Un foyer
À la fois libre et inévitable,
Ivre et imperturbable.
Pers-tu la balle,
Tu la rattrapes.
L’arc que tu traces
À l’encre arc-en-ciel
Nous dessine
Encore au cœur
En corps à corps
Au feutre ineffaçable
Comme celui qui t’écrit.

Chère amour,
Non... Ça sonne pas très bien...
Chère inconnue,
Non, j’ai pas tout à fait le droit de mentir
Cher tortionnaire,
N’abusons pas, j’ai trop réclamé ces souffrances
Chère menteuse,
Oui mais est-ce que je mens quand je te traite de menteuse?
Ratures ratures ratures... Si seulement je pouvais raturer ailleurs...
Turlupiné et sans futur, des hurlements ici seraient de mauvais goût
Alors...
Salutations sincères,
Je vous prie d’agréer
L’expression de ces mots là
De ces mots d’Amour qui n’en sont pas...
De ces mots d’amours qui n’en sont pas car il n’y en a pas
Voilà donc mes mots d’amours qui n’en sont pas car il n’y en a pas car il y en aurait peut-être si on ne se répétait pas des choses...
A l’attention de toi cher amour voilà des mots d’amours qui n’en sont pas et qui n’en seront peut-être jamais et qui n’en ont éventuellement jamais été non si peut-être? Car il n’y en a pas des mots d’amours des mots de velours aucun n’est juste aucun ne convient... Aucun n’est suffisamment... Tout et rien à la fois. Vous ne voudriez pas entendre de toute manière... Ça suffit. Ma lettre à l’amour dépérit... Aucune lettres ne trouve l’amour aucune voyelle aucune consonne aucun hiéroglyphe et ça même les amoureux des lettres vous le diront.
Alors voilà je n’écrirai rien. Mais au moins, je le ferai poliment.
Je me cacherai derrière des Cordialement,
A l’attention de... De toi sur qui je n’écrirai pas
Je reste à ta disposition pour un éventuel entretien pour témoigner de vive âme et jamais autrement.

Sincèrement, avec mes remerciements,
croyez Madame, Monsieur à l’expression de mes sentiments
Bien à vous,
ex – cé – té – ra
et c’est comme ça
et c’est sans moi.

Pour écouter le texte de Nicéphore, c'est par ici !

Autres

Discours pour l'abolition de la peine de mort des animaux

Messieurs Le Gaulois, Maître Coq, Charal, Fleury-Michon, McDonald’s et tous les autres,

Si je vous ai tous réunis aujourd’hui, c’est parce j’ai fait un rêve. Un rêve où tous les animaux pourront un jour vivre dans un pays où ils ne seront pas jugés sur la qualité de leur viande et la quantité de leur graisse, mais sur leur personnalité. Oui, je dis bien leur personnalité, car quiconque d’entre vous a déjà eu affaire à un chat dédaigneux, un âne récalcitrant ou une oie bagarreuse sait bien qu’ils en ont une.
Messieurs, je vous ai compris. Je sais que vous tenez comme à la prunelle de vos yeux à l’image de la France, pays de l’excellence culinaire, ainsi qu’à votre chiffre d’affaires. Mais à quel prix ? Eh bien, je vous le dis, celui de la souffrance animale.
Attention, je ne suis pas, messieurs, de ceux qui croient qu'on peut supprimer la souffrance en ce monde ; la souffrance est une loi divine ; mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu'on peut détruire le régime carnivore.
Remarquez-le bien, messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n'est pas fait, le devoir n'est pas rempli.
C’est pourquoi je vous demande solennellement de réfléchir à cette proposition de reconversion. Car si vous l’acceptez, demain, grâce à vous la cuisine française ne sera plus une cuisine qui tue. Demain, grâce à vous, il n'y aura plus, pour notre honte commune, d'exécutions furtives, à l'aube, sous le dais noir, dans les abattoirs français. Demain, les pages sanglantes de notre gastronomie seront tournées.
Messieurs, je ne suis pas de ceux et de celles qui redoutent l’avenir : je le sais paisible et verdoyant.

Je vous remercie.

Pour écouter le texte de Camille, c'est par ici !


La vie est éphémère

Lasse de cette existence qui se traîne

Vitesse est ce dont je veux être ivre

Étreindre le monde avant qu’il ne tombe

Et brûler toute la fureur qui monte en moi

Faire la course avec les nuages avant que la

Mer n’efface mes pas sur le sable

Pour écouter le texte de Camille, c'est par ici !


Lendemain de défaite,
Questions pour un poisson

A quoi pensent les poissons ? C’est vrai ça, quelles peuvent être les pensées d’un poisson ? On ne se pose jamais les bonnes questions. On étudie les pensées des humains, comme si c’était la plus fabuleuse des inventions, et on élude les poissons, alors qu’eux, qui passent leur vie à tourner en rond, je peux te dire qu’ils s’en posent des questions !

Une fois, j’ai eu une longue conversation avec un poisson-clown, et il m’a appris que sa plus grande interrogation, c’était « que faire des cons ? » ! Faut dire que là où son aquarium était situé, il avait de bonnes raisons de se la poser…

J’ai croisé un poisson rouge aussi, qui m’a expliqué que la nage en rond était en fait un Art difficile à maîtriser, un éloge de la lenteur. Ça a de quoi en inspirer certains !

Et devine quoi ? La dernière fois, j’ai parlé à un saumon qui m’a demandé : « Quelles sont les pensées qui nagent, dans la tête des hommes ? »

Pour écouter le texte de Camille, c'est par ici !

Mode de main
Tenant contre-courant
Contre-courant contre un courant
En corps un courant.
Marche à lait à toi reviens
Tu t’accroches au sens
Quand il n’y en a pas
Toi qui vas et viens
Dans ce bassin.
Mais danser main
A l’heuristique
Ça prendra sens
En marchant bien.


Un dernier mot
Pour ce vieux corps
Aux joues airelles quand il naquit
A la peau grise maintenant mort.


Brûlance des marées,
Océanise ton cœur !
Vente tes idées !
Le sel catalyse
Ce qui métal s’oxydant
Doit être dissout.


Nietzsche

Considérations intempestives
J’impose leur actualité.
Aurais-je dû attendre leur contemporanéité ?
Dix ans cent ans, je serais mort
Et mes idées avortées.
Alors je les clame haut et fort
Pour la postérité
Puisque je constate que dans cette époque prussianisée
Où la morale est celle d’une minorité
Mon public n’est simplement pas né.

Mélomanie

Être transporté dans l’Univers d’autrui, j’aime !
Ressentir l’émotion qui traverse les âges nus.
Certains n’ont eu besoin, ni de maîtres, ni de maîtresses,
Pour mettre en place leurs sons exquis.
Même si parfois ils se sentent vaincus,
Ils ne lâchent rien et continu,
Jusqu’à ce que leur projet leur plaise, à eux !


Society

On nous demande la lune,
même si cela nécessite de vivre à contre-courant,
de vivre sans espoir, ou avec les mauvais.

Ils oublient qu’un ventre vide a du mal à se concentrer,
qu’une âme frustrée peut dépérir sans prévenir,
qu’un corps perdu ne retrouvera son chemin,
que lorsque l’on le laissera faire.


Marche ou crève

Marche ou crève,
La mélodie du bonheur,
Ou de la dictature en chemin,
C’est la devise de ce jeu qu’est la vie,
C’est le sentiment que je ressens,
Quand il n’y a plus d’issue,
Quand ma motivation a décidé de ne pas se réveiller avec moi,
Quand j’ai l’impression d’être seule au monde,
Quand je ne rentre dans aucuns rangs,
Quand je ne vois personne d’autres hors des rangs,
Et je regarde enfin dans la direction de ses regards rangés et comprend que marche ou crève ne résonnait pas dans ma tête mais autour de moi,
Mais est-ce réel ?
La divergence des personnalités est une richesse, non ?
Pourq…


Perdition

Aujourd’hui j’ai grandi je crois,

Peut-être ai-je enfin compris ce qu’il y avait à comprendre pour vivre réellement, passionnément et intensément.

Parmi les choses essentielles, le Partage, l’Amour qui en émane, le bien-être que cela procure et finalement la Paix, avec un grand P, que tu ressens après avoir passé un moment que tu n’oublieras pas, que tu te remémoreras, qui te fera sourire et ressentir de la joie.

Alors COURAGE, cette mauvaise passe que tu traverses, ce sentiment de perdition qui te traverse, finira par trouver son chemin et surtout par mûrir pour se transformer en quelque chose…

D’inattendu.

Caresse

Caresse-moi les cheveux
Glisse tes doigts dans leur reflet
Laisse-moi fermer les yeux
Laisse-moi perdre le fil
Aiguille-toi vers mon cœur
Chasse la peur de douceur
Sois léger et prends sa place
Vole pour moi le temps qui passe
Nage dans mes plumes
Contre le cours de mes pensées
Fais-moi oublier les journées
Ne perds pas ton chemin
Tresse mon amour de tes mains

Avant que les ombres s’effacent
Face au regard de l’oiseau schizophone bleu
Bleu comme le plongeon du ciel dans la mer
La mère-loi doit maintenir l’équilibre

Libre d’être femme ou homme de mots
Deux mots pour éviter les crimes
Rime Libérer et Chanter en-avant
Avant que les ombres s’effacent

Classifié alpha-très-betiquement à mi-chemin entre le péroraison et le précipice, les dictionnaires érudits comportent en leur sein le mot suivant choisi avec grand soin :

Prématurémancipationnage : nom mascJulien.
Venant du grec: yaourt. A moins que ce ne soit du yaourt grec.

Sens 1 : Sport ce jouant entre athlète des mots. Entre culturistes de la culture. Les poètes chacun leur tour se passent un relai en forme de slam et déclament hâtivement tour à tour, sans faire de détour. On trouve également l’orthographe 300 mètre relai d’inspira- sprint.

Sens 2 : Message de détresse pouvant se traduire par: Au secours! Au suivant je n’ai pas de trace de message à faire rimer avec mon passage.