Réduction des impacts environnementaux
En lien avec des politiques et plans nationaux comme la stratégie nationale bas-carbone (SNBC) et la circulaire sur les services publics écoresponsables (2023), le plan climat-biodiversité du MESRI (2022) fixe des objectifs à ses administrations en termes de réduction de consommation d’énergie, d’émissions de GES et de préservation de la biodiversité. Il prévoit pour les deux premiers postes un rythme de diminution d’au moins 2%/an, et met en avant des leviers d’action concernant le parc bâtimentaire, la mobilité ou les achats. Le ministère préconise par ailleurs la réalisation d’un bilan des émissions de GES (BEGES) au « scope 3 » ou complet, c’est-à-dire incluant les émissions liées au cycle de vie des produits ou services achetés, le transport des personnels et étudiant·es et la restauration, ainsi que l’amortissement des infrastructures.
L’Université Paris-Saclay s’est pleinement engagée dans cette démarche, avec la réalisation d’un BEGES pour ses 10 composantes (« périmètre employeur ») en 2023, ses 2 UMA et 2 de ses écoles. Elle a obtenu des moyens pour réaliser les bilans manquants et le bilan au périmètre large dans le cadre du COMP.
Ses laboratoires participent également à cette démarche via le réseau Labos1.5, qui permet d’envisager l’obtention du BEGES consolidé pour la fin 2026, ainsi que des plans d’action pour positionner une trajectoire de réduction à long terme compatible avec l’objectif français de neutralité carbone en 2050, et les objectifs intermédiaires de la SNBC (-30 % entre 2022 et 2030).
Une action de fond est indispensable pour atteindre les objectifs de sobriété énergétique, préalables aux réductions de GES. L’université a conduit un certain nombre d’études et de projets pour y parvenir, via des plans de rénovation énergétique, une meilleure gestion du chauffage, ou l’utilisation d’équipements moins énergivores. Ses implantations présentent également de belles opportunités pour déployer ou renforcer des productions d’énergie renouvelable (photovoltaïque, biomasse ou biogaz, géothermie), qui font l’objet d’actions en cours avec les partenaires des territoires.
Un défi important réside dans la décarbonation des transports, qui fait appel à l’engagement individuel et peut être freiné par des contraintes géographiques ou économiques. Différentes actions sont envisagées et ont été ou seront expérimentées, sur la base de plans de mobilité dont l’élaboration est prévue d’ici 2026. Ces plans feront l’objet de concertations via la CTE sur le périmètre large, en lien avec la CAPS pour les campus de Saclay. L’université s’est engagée à favoriser les mobilités douces et actives pour les déplacements domicile-travail ou sur ses campus, via la mise à disposition de vélos ou véhicules électriques, et le forfait mobilité durable, par exemple.
Les campus de l’Université Paris-Saclay présentent des situations contrastées par rapport à la place du vivant et de la biodiversité, qui font d’ores-et-déjà l’objet d’une attention particulière et d’actions spécifiques à ses différents campus. La réalisation d’un atlas « quatre saisons » de la biodiversité est en cours sur les campus de l’ENS Paris-Saclay (projet « BiorescENS »), et de Bures-Orsay-Gif. Après de nombreuses opérations d’aménagement (notamment sur le plateau de Saclay), la préservation des habitats naturels constitue une priorité, de même que le recours aux solutions fondées sur la nature et la désimperméabilisation des surfaces, pour atténuer par ailleurs les risques hydrologiques.
Les achats représentent une part importante des impacts de l’université, à la fois sur les volets environnementaux et sociaux. Celle-ci élabore actuellement sur son périmètre employeur un schéma de Schéma directeur DD&RS de l’Université Paris-Saclay30 promotion des achats socialement et écologiquement responsables (SPASER), qui reprend les principes énoncés dans la politique achats votée par le CA en janvier 2024, et précisera les actions à déployer sur un calendrier de deux ans. Les thèmes abordés incluent les questions de gouvernance en matière d’achats, d’économie circulaire, de parc immobilier durable, d’économie sociale et solidaire, d’égalité femme-homme ou encore d’insertion des personnes éloignées de l’emploi. Les autres entités de l’UP-Saclay ont déjà mis en place des politiques d’achats responsables ou se situent dans une dynamique similaire (avec par exemple la réalisation d’un SPASER par le CNRS ou la mise en place d’un groupe de travail à CentraleSupélec ; voir annexe A pour plus de détails par entité).
Le portage politique des actions sera assuré par les vice-présidences DS&RS, Patrimoine, et Recherche, en lien avec les vice-présidences ou directions correspondantes des entités de l’UPSaclay, ainsi que les VP Arts et science et Numérique.
En 2023, l’Université Paris-Saclay a réalisé son tout premier Bilan des émissions de gaz à effet de serre (BEGES) sur le périmètre de ses 5 facultés, 3 IUT, son école universitaire d'ingénieur·es, de son Observatoire (Osups), sur les données 2021. Avec l’ensemble de ses activités, l’université a émis 48 395 teqCO2. Les scopes 1 et 2 représentent 15 657 teqCO2.
Ces émissions totales sont réparties comme suit :
Légende : Émissions de GES de l'UPSaclay (périmètre employeur) par poste d'émission en 2021 (en teqCO2)
1- Émissions directes : 5 639 (12%); 2- Émissions indirectes associées à l'énergie : 10 018 (21%); 3- Émissions indirectes associées aux transports : 4 410 (9%); 4- Émissions indirectes associées aux produits achetés : 28 328 (58%)
Ce diagnostic est l'une des précieuses sources dans la rédaction du Schéma directeur développement durable et responsabilité sociétale de l'Université Paris-Saclay, qui couvre quant à lui les activités des 5 facultés, 3 IUT, 5 grandes écoles, 2 universités membres associés et 7 organismes de recherche. Ce schéma directeur a été adopté par le Conseil d'administration de l'Université Paris-Saclay en juillet 2025, conjointement au Schéma de promotion des achats socialement et écologiquement responsables (SPASER) qui se focalise spécifiquement la thématique achats.
- Télécharger le rapport du Bilan de gaz à effet de serre de l’UPSaclay (périmètre des composantes universitaires et des directions centrales)
L’obligation de réaliser un BEGES est de tous les trois ans pour les établissements d’enseignement supérieur et de recherche. L’UPSaclay doit ainsi s’atteler à la réalisation de son deuxième BEGES en 2026.
Pour le deuxième exercice, il a été décidé de réaliser un bilan au périmètre large. Dans ce cadre, les travaux débuteront dès septembre 2026.
L’université se mobilise pour encourager ces pratiques au travers notamment du forfait mobilités durables (également mis en place par de nombreux établissements de l’UPSaclay) : elle accorde depuis 2021 une prime à ses agent·es qui s’engagent à venir en vélo ou covoiturage.
Le forfait peut atteindre 300€ en fonction du nombre de déplacements réalisés au cours de l’année (de 100 à 300€) et est cumulable avec la participation aux titres de transport.
Sur le vélo, une flotte de 25 vélos à assistance électrique à destination des agent·es est déployée pour permettre des trajets professionnels en vélo.
L’université connaît la forte demande exprimée par les étudiant·es en termes d’accès à des offres de vélos en libre-service et travaille actuellement à trouver des prestataires pour y répondre.
L'Université a lancé une série d’études pour aboutir à une trajectoire soutenable au regard de l’évolution du campus d’Orsay, Bures-sur-Yvette et Gif-sur-Yvette (vallée et petit plateau). Cette compilation d’études touche à plusieurs enjeux cruciaux auxquels est confronté le campus.
Tout d’abord, le plan de paysage constitue un outil programmatique d’aide à la décision pour les aménagements. Son objectif est de valoriser les usages du campus, ses qualités paysagères, architecturales et écologiques, comme son implantation dans un contexte arboré de qualité, le mélange jardin botanique - milieux semi naturels ou encore la présence de l’Yvette et de ses milieux. La question de l’eau est au cœur de la réflexion. La résilience du campus passera inévitablement par la restitution à la rivière de l’Yvette, composante majeure du campus, de toute la place nécessaire. Cette étude propose une vision à court, moyen et long terme des espaces extérieurs, alliant conforts des usagers et développement du vivant non-humain. Cette étude se termine en fin d’année 2026 avec la présentation d’actions hiérarchisées et chiffrées, permettant à l’Université de se positionner sur le devenir du campus Vallée et petit plateau puis d’aller chercher des financements pour réaliser ces aménagements.
En parallèle, un Atlas de la Biodiversité a été lancé en janvier 2025. Des inventaires approfondis sur les 4 saisons écologiques ont été menés afin d’améliorer la connaissance en matière de faune, de flore, d’habitats ou encore d’espèces à enjeux patrimoniaux. La démarche met en évidence la nécessité de préserver et reconstituer des continuités écologiques, qui débouchera sur un plan d’actions et de gestion, en lien avec le Plan Paysage, pour favoriser la résilience et l’amélioration de la richesse écologique du site. Cette étude doit se terminer fin 2026.
Le Plan de Circulation, cible précisément l’ensemble des mobilités sur le campus et les liaisons plateau-vallée, en prenant en considération les études susmentionnées pour arriver à un équilibre entre les besoins réels et mettre les déplacements actifs au cœur des circulations du campus.
Enfin, un schéma directeur d’Assainissement et Hydrologie permettra de comprendre finement le cycle de l’eau, de sa chute jusqu’à son écoulement dans l’Yvette ou dans notre réseau d’eaux pluviales. Plus technique, cette étude qui débute traitera en profondeur de la gestion hydrique du campus, relèvera les points durs afin d’anticiper les travaux et aménagements nécessaires à la résilience du campus : lutte contre les inondations, amélioration de la qualité de l’eau par la restauration de zones humides, évolution du réseau d’assainissement face aux nouveaux usages et au contexte climatique.
Ces quatre études se nourrissent mutuellement afin d’arriver à une vision globale cohérente pour le campus. Réalisées avec la participation d’acteurs incontournables tels que les enseignants-chercheurs de l’Université, l’Office National des Forêts, l’agglomération Paris-Saclay, les communes d’Orsay, Bures-sur-Yvette et Gif-sur-Yvette, ou encore l’Etablissement public d’aménagement Paris-Saclay et les services de l’État, ces études visent à mettre au jour une connaissance précieuse et une harmonisation à grande échelle de ces enjeux qui dépassent le seul cadre du campus.
Notons par ailleurs que des actions similaires sont en cours sur d’autres campus et établissements (inventaires biodiversité à l’ENS Paris-Saclay, AgroParisTech et sur le campus CNRS de Gif, labellisation BioDiverCity à CentraleSupélec, jardins partagés sur les campus de l’UEVE et de l’UVSQ). La commission pour la transition écologique prévoit un partage des pratiques et des retours d’expérience pour tirer profit de ces différentes initiatives.
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Les achats constituent la plus grande part de l’empreinte carbone à l’échelle des laboratoires de recherche aussi bien que des organismes de recherche. Ils sont également générateurs de pollutions diverses à la production et lors de leur élimination et leur production nécessite des ressources qui peuvent être considérables en eau, énergie ou matière première (dont la consommation augmente également la pression sur les terres). Il est indispensable de viser à les réduire et lorsqu’ils sont indispensables de choisir ceux ayant l’impact le plus faible.
Un Schéma de Promotion des Achats Socialement et Écologiquement Responsables a été validé en Conseil d'Administration en juillet 2025. Comme son nom l’indique, il concerne le volet spécifique des achats sur le périmètre des directions et composantes universitaires. Il participera à la concrétisation de la politique achat votée en janvier 2024 et des grands principes de la charte Développement Soutenable, à commencer par le premier : « prendre en compte à des fins de minimisation, les impacts sur le climat, l’environnement et la biodiversité dans toutes les décisions stratégiques de l’Université ». Plus spécifiquement, les quatrième et sixième objectifs annoncent respectivement la volonté de « promouvoir l’égalité en toutes et tous et lutter contre toutes les formes de discrimination » et de « réduire l’empreinte écologique de toutes les activités de l’Université, ceci notamment par la sobriété énergétique, le développement des mobilités douces et des transports en commun, le recours à une alimentation durable, la réduction et la valorisation des déchets, une politique d’achat responsable ».
Ce schéma introduit des objectifs spécifiques en faveur du progrès social et environnemental dans les achats de l’université. Il accentue des démarches déjà en place, en prévoyant notamment de faire monter en compétence nos acheteurs publics et acheteuses publiques, d’allonger la durée de vie de nos matériels et de développer l’économie circulaire, de lutter en faveur de l’égalité femme-homme, pour ne citer que ces exemples. Il est imprégné de l’ADN de l’université : celui d’un établissement d’enseignement supérieur et de recherche ancré dans son époque et dans son territoire, conscient de ses impacts et engagé pour les réduire par tous les moyens dont il dispose.
Afin de limiter l’impact des achats, la Commission pour la Transition Ecologique (CTE) de l’Université a voté la création d’une sous-commission qui travaillera sur les aspects réduction des achats et d’économie circulaire, dont le volet réemploi.
Une alimentation équilibrée, qui comprend des aliments d’origine végétale comme ceux à base de céréales secondaires, de légumineuses, de fruits et légumes, de noix, de graines, et des aliments d’origine animale produits dans des systèmes résilients et durables émettant peu de GES, offrent d’excellentes possibilités sur le plan de l’adaptation au changement climatique et de son atténuation et s’accompagnent de co-bénéfices notables pour la santé humaine. Aujourd’hui, 25 à 30 % de toute la nourriture produite est perdue ou gaspillée. D’ici à 2050, une évolution des habitudes alimentaires et la réduction des pertes et du gaspillage alimentaire pourrait libérer plusieurs millions de kilomètres carrés de terres. (GIEC SRCCL 2019)
Il est donc nécessaire dans le cadre d’une trajectoire soutenable de mettre en place des repas équilibrés et soutenables et de réduire pertes et déchets alimentaires tout au long de la chaine. Cet effort doit s’accompagner d’une forte sensibilisation aux impacts des différents régimes alimentaires.
Illustration : Emissions de gaz à effet de serre pour la production de 100g de protéines de diverses origines. (GIEC, WG3, Technical summary)
La restauration des personnels étant assurée par le cesfo installé sur le campus et la restauration étudiante (et des personnels) par le CROUS, l'université n'a pas de pouvoir décisionnaire sur l'alimentation, même si des relations sont établies sur ce sujet entre ces partenaires et l’université.
Quelques outils permettant de réduire l’impact de son activité :
Suivre son empreinte carbone dans son activité : https://monpetitcarbone.fr
Avant un achat : https://apps.labos1point5.org/purchases-simulator
Trajet Domicile travail : https://apps.labos1point5.org/commutes-simulator
Déplacements professionnels : https://apps.labos1point5.org/travels-simulator