Lettre ouverte de l'Université Paris-Saclay aux candidats à la présidence du CNRS
Dans un contexte de profondes évolutions du paysage de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) et de la nomination du futur ou de la future présidente du CNRS, l’Université Paris-Saclay souhaite partager deux propositions concrètes sur la simplification de l’ESR et le renforcement du dialogue avec ses unités mixtes de recherche. Cette lettre, adressée aux candidats, a vocation à présenter notre expérience et nos pistes de réflexion dans un esprit constructif et institutionnel.
Le texte de la lettre
Aux candidats à la présidence du CNRS,
Le CNRS occupe un rôle essentiel dans le paysage français de l’Enseignement supérieur et de la recherche (ESR). À l’orée de votre éventuel mandat, vous serez amené à conduire cette institution dans un environnement académique profondément transformé, marqué par des attentes fortes de simplification et la nécessité de renforcer le dialogue stratégique avec les universités.
Dans cet esprit, et au regard de l’expérience de l’Université Paris-Saclay et de ses nombreuses unités mixtes de recherche, cette lettre partage deux propositions concrètes qui pourraient constituer des marqueurs forts de début de mandat, en contribuant à la simplification de l’ESR et à une relation plus fluide et plus efficace entre le CNRS et l’Université Paris-Saclay.
- Création de services mutualisés : il serait bénéfique de créer, dans la mesure du possible, des services de gestion mutualisés pour plusieurs laboratoires, en particulier pour ceux qui sont géographiquement proches mais de taille insuffisante pour bénéficier d’une administration indépendante et pérenne, permettant ainsi une gestion progressive des laboratoires dans un cadre qui dépasse leur seule structure actuelle. Pour simplifier, la création de ces services ne devrait pas engendrer de nouvelles structures mais pourrait être considérée comme une alternative à la fusion de laboratoires de petite taille. La mise en place de tels services mutualisés permettrait de conserver les outils propres à chacun des établissements impliqués et pourrait répondre au défaut d’une Délégation Générale de Gestion (DGG) partielle. Celle-ci ne concerne en effet pas les chaires ni certains services comme la mise en place des gratifications ou la gestion des contrats doctoraux. Il est clair qu’une telle opération ne pourra trouver grâce aux yeux de nos laboratoires communs que si les tutelles s’engagent fermement sur leur contribution en moyens et RH, et ce pour une durée suffisante.
- Dialogue renforcé et agile entre l'Université Paris-Saclay et le CNRS sur les emplois IT de soutien à la recherche : Les discussions concernant la création ou la mobilité de postes d'Ingénieurs et Techniciens (IT) en BAP J, G, et E (non scientifiques) devraient se faire directement entre la délégation Ile-de-France Sud et l’Université Paris-Saclay, plutôt que par l'intermédiaire des instituts du CNRS. Ces derniers devraient bien sûr être informés en temps réel des tractations en cours de façon à replacer l’opération dans un contexte scientifique indispensable et pourraient conserver un droit de regard final. Il nous semble qu’une démarche de ce type faciliterait la mutualisation des postes entre laboratoires relevant de plusieurs instituts. La proximité avec la délégation, qui connaît très bien le potentiel RH de sa circonscription, permettra d’être plus réactifs dans les situations difficiles, parfois critiques, pour les unités de recherche.
Ces propositions s’inscrivent dans une volonté de dialogue constructif et de partenariat renforcé entre le CNRS et l’Université Paris-Saclay, au service de la performance scientifique, de la qualité de vie au travail dans les unités et de la simplification de l’ESR. Elles ont vocation à nourrir un débat stratégique indispensable pour les années à venir.