ERC Starting Grants : trois projets lauréats portés par la communauté de l’Université Paris-Saclay

Recherche Article publié le 03 septembre 2026 , mis à jour le 03 septembre 2026

Jeudi 3 septembre, le Conseil européen de la recherche (ERC) a publié le nom des récipiendaires des bourses « Starting » 2026 ; trois sont issu·es des rangs de la communauté de l’Université Paris-Saclay.

Depuis leur lancement en 2007, les bourses « Starting » soutiennent, avec un budget de 1,5 million d’euros sur une durée maximale de 5 ans, des projets de recherche exploratoire de jeunes scientifiques européen·nes ayant soutenu leur doctorat depuis 2 à 7 ans. En 2026, 421 projets ont été sélectionnés, pour un montant total de 705 millions d’euros.

L’Université Paris-Saclay est fière de sa communauté qui, cette année, cumule trois projets lauréats :

Louis Lalanne et son projet UNION 

Louis Lalanne est chercheur CNRS au Laboratoire de physique des 2 infinis Irène Joliot-Curie (IJCLab - Univ. Paris-Saclay/CNRS/Univ. Paris-Cité), où il étudie la structure du noyau atomique.

Après une thèse en structure nucléaire soutenue à l'Université Paris-Saclay en 2021, il part au CERN pour un post-doctorat, suivi d’un fellowship de recherche, où il se forme aux méthodes de spectroscopie laser, une technique consistant à utiliser un laser pour analyser la lumière absorbée ou émise par une matière. Il rejoint le CNRS en 2024.

Comprendre comment la structure nucléaire émerge des interactions fondamentales, et comment elle évolue à travers la carte des noyaux, constitue l'une des grandes questions ouvertes de la physique nucléaire. L'évolution de la taille du noyau en fonction de son nombre de protons et de neutrons joue un rôle clé dans cette quête, mais reste aujourd'hui mal comprise et difficile à décrire pour les modèles théoriques.

Son projet lauréat UNION, Understanding the size of the nucleus, vise ainsi à mieux comprendre comment évolue la taille du noyau atomique en se concentrant sur des isotopes spécifiques, permettant de relier l'évolution du rayon du noyau à des mécanismes microscopiques liés à l'interaction nucléaire ou à l'organisation des nucléons. Pour se faire, UNION emploiera des méthodes de spectroscopie laser à haute résolution, qui seront mises en œuvre dans le nouveau hall expérimental DESIR du Grand Accélérateur National d'Ions Lourds (GANIL) à Caen, avec le dispositif expérimental LASAGN (Laser Spectroscopy At GaNil). En combinant des méthodes expérimentales innovantes et des approches théoriques de pointe, UNION offrira un éclairage inédit sur les mécanismes microscopiques qui gouvernent l'évolution de la structure nucléaire.

Fatoumata Sylla et son projet CARE-Cut 

Fatoumata Sylla est épidémiologiste et chercheuse Inserm au Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (Cesp – Univ. Paris-Saclay/UVSQ/Inserm). Ses travaux portent sur la santé gynécologique et reproductive, notamment les fibromes utérins et les mutilations sexuelles féminines, en France, en contexte migratoire européen et à l’international.

En 2023, elle a soutenu une thèse en santé publique et épidémiologie à l’Université Paris-Saclay, portant sur les conséquences des mutilations sexuelles féminines sur la santé maternelle et périnatale.

Avec le soutien d’agences des Nations Unies (UNFPA, UNICEF), de la Commission européenne et d’entités gouvernementales, elle a contribué à la coordination de projets de recherche nationaux et internationaux (MSF-PREVAL, GENDER NET-Plus), et à plusieurs initiatives visant à réduire les inégalités de santé et à améliorer la prise en charge des femmes concernées par les mutilations sexuelles féminines.

Lauréate de la bourse postdoctorale « Aides Individuelles » de la Fondation pour la Recherche Médicale en 2025, elle mène aussi un projet visant à explorer le lien entre les expositions nutritionnelles et les fibromes utérins dans la cohorte française Nutrinet-Santé.

Engagée auprès des communautés et collaborant avec plusieurs associations, elle met un accent particulier sur la compréhension des besoins spécifiques en santé des populations concernées, souvent invisibilisées. Elle adopte une approche multidisciplinaire, intégrant des méthodes participatives et le développement d’outils de formation destinés aux professionnels de santé, adaptés culturellement aux patientes.

Son projet lauréat CARE-Cut, Advancing Clinical Assessment and REsearch for the diagnosis and management of Female Genital Mutilation/Cutting, vise notamment à combler une lacune majeure dans la recherche sur la santé des femmes et sur les inégalités basées sur le genre à l'échelle mondiale : l’amélioration du diagnostic et des parcours de soins des femmes concernées par les mutilations sexuelles féminines/excisions (MSF/E). Alors que plus de 230 millions de personnes sont concernées dans le monde, les efforts se sont principalement focalisés sur la prévention et la prévalence des MSF/E, laissant de nombreuses femmes confrontées à des prises en charge fragmentées et insuffisantes, notamment en contexte migratoire européen.

CARE-Cut cherche donc à redéfinir la prise en charge clinique des MSF/E en intégrant les dimensions anatomiques, fonctionnelles, psychologiques et sociales. Mis en œuvre en France, pays disposant d'une infrastructure et d'une expertise dans le domaine, le projet poursuivra quatre objectifs principaux : développer des outils diagnostiques multidimensionnels, évaluer les prises en charge obstétricales et chirurgicales, étudier l'épidémiologie des conséquences post-partum et renforcer les parcours de soins ainsi que la formation des professionnels de santé.

À partir d'études multicentriques, d'une approche participative et multidisciplinaire, CARE-Cut proposera un modèle de soins innovant et sécurisant centré sur la personne, culturellement adapté et sensible aux réalités intersectionnelles vécues par les femmes concernées. Le projet produira des données inédites longitudinales du diagnostic des MSF/E jusqu'au postpartum. Il contribuera à faire évoluer les pratiques cliniques et les standards internationaux vers une prise en charge coordonnée, éthique et fondée sur les preuves.

Carlo Heissenberg et son projet UREikA 

Carlo Heissenberg est chercheur permanent CEA à l’Institut de physique théorique - DRF (IPhT – Univ. Paris-Saclay/CEA/CNRS). Ses travaux portent principalement sur la théorie quantique des champs, les amplitudes de diffusion et les ondes gravitationnelles.

Avant de rejoindre l’équipe de Physique des hautes énergies, de gravité et de cosmologie de l’IPhT en 2024, Carlo Heissenberg a occupé des postes de post-doctorant à l’université d’Uppsala et au Nordic Institute for Theoretical Physics (Nordita) à Stockholm, avant d’obtenir une bourse UK Research and Innovation (UKRI) à l’université Queen Mary de Londres.

Plus d’information à venir.