PIROS : la géothermie au service des Pyrénées — et ce que ce projet européen change pour les universités partenaires
Face aux enjeux de la transition énergétique et de la lutte contre le changement climatique, la géothermie représente une ressource renouvelable prometteuse, notamment dans les territoires montagneux. C’est dans cette perspective que s’inscrit le projet PIROS, un programme de coopération transfrontalière réunissant des acteurs scientifiques et institutionnels d’Espagne, d’Andorre et de France. Financé par le programme européen Interreg POCTEFA 2021-2027, ce projet vise à mieux comprendre et évaluer le potentiel géothermique des Pyrénées afin de favoriser une exploitation durable de cette ressource. En associant recherche scientifique, coopération européenne et enjeux territoriaux, PIROS entend contribuer au développement de solutions énergétiques adaptées aux besoins locaux. Parmi les partenaires du projet, l’Université Paris-Saclay joue un rôle majeur grâce à son expertise scientifique, illustrant ainsi la capacité des universités à associer excellence académique, innovation et transition énergétique.
Un projet transfrontalier pour valoriser la géothermie
Porté par l'Universitat de Barcelona et financé dans le cadre du programme Interreg POCTEFA 2021-2027 (objectif spécifique « capacités de recherche et d'innovation »), le projet PIROS (avril 2026 – mars 2029, budget d'environ 1,63 million d'euros dont 63 % de FEDER) ambitionne d'évaluer, d'intégrer et de valoriser la géothermie comme source d'énergie renouvelable dans les zones de montagne transfrontalières entre l'Espagne, l'Andorre et la France. Son objectif général : développer une méthodologie permettant de déterminer le potentiel géothermique des systèmes hydrothermaux pyrénéens — les nombreuses sources d'eaux chaudes du territoire — en vue de leur exploitation durable, que ce soit pour la production d'électricité, de chaleur ou d'autres usages directs.
La coopération transfrontalière n'est pas une option mais une nécessité scientifique : les systèmes hydrothermaux s'étendent de part et d'autre des frontières et sont contrôlés par des structures géologiques communes. PIROS déploie une méthodologie interdisciplinaire inédite combinant études géologiques, hydrogéologiques et géophysiques (Action 4) avec une analyse historique, socio-économique et d'acceptabilité sociale (Action 3), pour aboutir à un protocole d'exploitation de la ressource (Action 5). Tous les résultats seront numérisés et intégrés aux plateformes POCTEFA. Le consortium réunit six partenaires — UB (chef de file), l'Université Paris-Saclay, le CNRS (délégation Occitanie Est), l'Institut Cartogràfic i Geològic de Catalunya, Andorra Recerca i Innovació et le Consell Comarcal de l'Alt Urgell — épaulés par douze entités associées, dont des entreprises énergétiques (L'Energètica, FEDA) et des administrations territoriales. Le projet cible 18 organisations coopérant au-delà des frontières et vise le renforcement durable de la coopération scientifique, de la souveraineté énergétique et de l'atténuation du changement climatique dans les Pyrénées, avec une attention explicite à l'égalité de genre et à la science participative (écoles, population locale).
Ce que le projet implique pour les universités partenaires
Pour les universités et organismes de recherche du consortium, PIROS représente bien plus qu'un financement FEDER (65 % des coûts éligibles, le reste en autofinancement). Il implique d'abord un engagement de personnel massif : le budget consacré aux équipes dépasse 50 % du total, chaque partenaire garantissant au moins 35 % de personnel propre — géologues, géophysiciens, hydrogéologues, hydrogéochimistes, géochronologistes, historiens et économistes travaillant de manière transfrontalière. C'est ensuite une formation de nouveaux experts à vision intégratrice dans un domaine, la géothermie de montagne, où les compétences sont rares. C'est enfin un ancrage territorial et institutionnel : les universités s'engagent aux côtés de collectivités et d'entreprises, co-construisant des résultats applicables (protocoles, données FAIR, publications) et participant à des réseaux européens durables au-delà de la clôture du projet — un atout stratégique pour l'internationalisation et les classements.
Zoom sur l'Université Paris-Saclay
L'Université Paris-Saclay, via son laboratoire Geosciences Paris-Saclay (GEOPS), est le deuxième plus gros partenaire en budget : 350 329 € de coûts éligibles (21,5 % du projet), dont 227 701 € de FEDER. Sa contribution scientifique est centrale : ses équipes apportent l'expertise unique combinant hydrogéologie, hydrogéochimie et hydrogéochronologie, disciplines indispensables à l'activité 4.2 — l'étude du système hydrogéologique des sources thermales — qui fait le pont entre les études géologiques et la modélisation du réservoir profond, et nourrit directement l'évaluation du potentiel géothermique de l'Action 5. L'Université Paris-Saclay s'appuie sur une expérience internationale déjà établie avec l'UB sur le système géothermique du Vallès (Catalogne) et sur des projets hydrologiques en Afrique. Le portage du projet est assuré par le Pr. Antonio Benedicto, avec Eline Gouteron (affaires européennes) pour l'aspect administratif.
Pour l'université, les retombées sont triples : positionnement sur un sujet d'avenir (géothermie et transition énergétique) dans un programme Interreg européen ; consolidation d'un partenariat de recherche de long terme avec l'Universitat de Barcelona, le CNRS et les acteurs pyrénéens ; production de données et de publications valorisables académiquement, tout en contribuant concrètement aux politiques énergétiques locales des territoires d'étude. PIROS permet ainsi à l'Université Paris-Saclay de lier excellence académique, coopération européenne et impact sociétal.
Pour aller plus loin :
Inici - Proyecto de investigación PIROS - Projectes de recerca
Contact : antonio.benedicto@universite-paris-saclay.fr