Prix i-Lab et i-PhD : 11 projets lauréats liés à l’Université Paris-Saclay

Innovation Article publié le 25 septembre 2026 , mis à jour le 25 septembre 2026

Les 109 lauréates et lauréats des concours d’innovation i-Lab et i-PhD 2026 ont été annoncé·es le 17 septembre. Parmi les projets primés, onze sont liés à des personnalités de la communauté de l’Université Paris-Saclay. Les concours, financés par l’État à travers France 2030 et opérés par Bpifrance en collaboration avec l’ADEME, ont pour objectif de favoriser l’émergence d’entreprises leaders dans leurs domaines, potentiellement d’envergure mondiale.

Découvrez les lauréats et lauréates des prix i-Lab 2026

Jonathan Sorres – Pharm From Forest (INHASA)

Jonathan Sorres, docteur de l’Université Paris-Saclay en chimie, est le fondateur de Pharm From Forest qui a reçu un prix i-Lab pour son projet INHASA.

Pharm From Forest développe une nouvelle génération d’antibiotiques contre les infections résistantes, à partir de molécules issues de la biodiversité végétale de La Réunion. Son premier candidat, PF011, cible les infections sévères à staphylocoque doré résistant à la méthicilline (SARM), un pathogène majeur des infections hospitalières graves, pour lequel les options thérapeutiques restent limitées.

PF011 est un antibiotique first-in-class breveté, issu d’une famille chimique originale. Son activité ciblée contre les bactéries à Gram positif a été confirmée sur de multiples souches cliniques de SARM. Les premières études animales montrent une réduction significative de la charge bactérienne au site de l’infection, avec un profil de tolérance prometteur.

Le programme INHASA vise à optimiser l’administration de PF011 selon des critères d’efficacité, de faisabilité clinique et industrielle et de maîtrise des risques. L’objectif est d’en faire un actif préclinique robuste et transférable, tout en sécurisant sa production et en renforçant sa propriété intellectuelle, afin d’ouvrir la voie à des partenariats pharmaceutiques.

Issu de plusieurs années de recherche académique, le projet réunit des expertises complémentaires en chimie médicinale, microbiologie, pharmacologie, infectiologie et développement pharmaceutique. PF011 constitue le premier actif d’une stratégie plus large visant à développer un pipeline de nouveaux anti-infectieux et à faire de Pharm From Forest un acteur reconnu de l’innovation anti-infectieuse, en valorisant la biodiversité encore peu explorée de La Réunion. 

Alexis Thual – Karavela

Alexis Thual, alumnus du master MVA de l’ENS Paris-Saclay, est le co-fondateur de Karavela.

Karavela utilise la résonance magnétique pour étudier le cerveau humain. En enregistrant l’activité cérébrale de nombreux participants bien portants alors qu’ils réalisent des tâches cognitives complexes, nous construisons un jeu de données unique, riche et de très grande taille, permettant d’entraîner des algorithmes à modéliser la dynamique du cerveau.

Cette nouvelle compréhension doit être utile pour la recherche clinique relative aux pathologies du système nerveux central, en permettant de mieux quantifier l’activité cognitive individuelle avant, pendant, ou après un traitement. C’est un enjeu important, notamment pour la détection précoce de

maladies neurodégénératives ou le développement de thérapies ciblées. Par ailleurs, ces données peuvent également apporter un nouvel éclairage sur l’entraînement de modèles d’IA générative.

Enfin, Karavela contribue à dynamiser la recherche sur le cerveau en partageant des jeux de données ouverts et en publiant ses travaux.

Benoît Boureau – Zeonyx (Nanozeoxy)

Benoît Boureau, alumnus de l’Université Paris-Saclay en Pharmacie, est le fondateur de Zeonyx, qui a reçu un prix i-Lab pour son projet Nanozeoxy.

La radiothérapie est utilisée chez plus de 50 % des patients atteints de cancer, mais son efficacité diminue dans les tumeurs hypoxiques, responsables d’une part importante des résistances aux traitements.

Zeonyx développe Nanozeoxy, une technologie à base de nanozéolithes capables d’acheminer oxygène et gadolinium jusqu’à la tumeur. L’oxygène restaure sa sensibilité aux rayonnements tandis que le gadolinium amplifie leur effet, combinant ainsi réoxygénation et radiosensibilisation.

Administré par voie intraveineuse avant la radiothérapie, Nanozeoxy s’intègre au parcours de soins existant et permet potentiellement un suivi par IRM. Dans un modèle préclinique de glioblastome, son association à la radiothérapie a réduit d’environ 40 % la croissance tumorale et prolongé la survie, avec une bonne tolérance.

Le glioblastome constitue la première indication visée, avec un potentiel d’extension à d’autres tumeurs solides hypoxiques. Issue de recherches académiques et protégée par quatre familles de brevets, la technologie entre dans une phase de développement préclinique visant à préparer son industrialisation et son entrée en clinique.

Romain Devrue – SEEGENIO (OPTIGEN)

Romain Devrue, alumnus de l’Université Paris-Saclay et d’AgroParisTech, est le co-fondateur de Seegenio, qui a reçu un prix i-Lab pour son projet OPTIGEN.

Seegenio, startup deeptech issue du CEA et créée en 2025, développe une technologie d’ovosexage permettant de déterminer le sexe des œufs dès le 4ᵉ jour d’incubation. Cette solution vise à éviter l’incubation et la destruction des oisillons non valorisés dans la filière volaillère.

Issue du CEA, la technologie combine imagerie spectrale et intelligence artificielle. Précoce, non invasive et potentiellement applicable à différentes espèces, elle est protégée par trois brevets sous licence exclusive. Un premier démonstrateur a confirmé des performances compatibles avec une industrialisation sur le canard gras.

Le principal enjeu reste d’atteindre une précision équivalente chez la poule pondeuse et d’autres espèces. Le programme OPTIGEN vise à lever ce verrou selon deux axes : améliorer les capacités matérielles et logicielles d’analyse des biomarqueurs du sexe, et augmenter leur expression par une sélection génétique ciblée.

Déployé sur 24 mois avec le CEA, le programme doit ainsi renforcer la précision et l’applicabilité de la technologie de Seegenio en vue de son industrialisation.

Lyse Santoro – DETERA Therapeutics (RENACARE) 

Daniel Gillet, directeur de recherche au CEA et responsable du Laboratoire de biologie chimique du département Médicaments et technologies pour la santé (MTS - Univ. Paris-Saclay/INRAE/CEA), Pierre-Louis Tharaux, néphrologue et directeur de recherche à l’Inserm, et Lyse Santoro, normalienne et agrégée en biologie après un doctorat en immunologie, sont les co-fondateurs de DETERA Therapeutics, créée à la suite de travaux menés au Laboratoire de biologie chimique.

La glomérulonéphrite à croissants (GNC) est une maladie rénale rare et fulminante, pouvant entraîner une perte irréversible de la fonction rénale en quelques mois. Malgré des traitements immunosuppresseurs lourds, aucun traitement n’agit directement sur le rein ni sur la cause de la maladie. Un patient sur cinq décède dans la première année.

DETERA Therapeutics développe DTR8, une thérapie rénale first-in-class ciblant directement le mécanisme causal de la GNC. Ce peptide bloque la voie HB-EGF/EGFR, responsable de la prolifération pathologique des cellules glomérulaires, afin de stopper la dégradation du rein et préserver sa fonction. Cette approche, issue de plus de 15 ans de recherche Inserm–CEA, est protégée par une propriété intellectuelle jusqu’en 2044.

Les données précliniques montrent une efficacité dans un modèle porcin pertinent, une forte spécificité et une bonne tolérance. Le procédé industriel est transféré et en cours d’industrialisation, tandis que la stratégie réglementaire est définie.

Le programme RENACARE vise, en 24 mois, à finaliser les études précliniques réglementaires, produire le premier lot GLP et obtenir l’autorisation d’entrée en clinique en Europe. Un test urinaire compagnon sera également développé pour identifier les patients susceptibles de répondre au traitement. DTR8 constitue enfin la première brique d’une plateforme HB-EGF destinée à développer de nouvelles thérapies pour les maladies rénales rares.

Le concours i-Lab valorise depuis 1999 les résultats de la recherche publique à travers la création d’entreprises à technologies innovantes. Il finance les meilleurs projets de recherche et de développement pour la finalisation du produit, procédé ou service technologique innovant, grâce à une aide financière importante (jusqu’à 600 000 € par projet) et un accompagnement adapté. Depuis son lancement, i-Lab est devenu un point de passage privilégié pour les porteurs et porteuses de projets et un label de qualité unanimement reconnu par les investisseurs de la deeptech.

Découvrez les lauréats et lauréates de prix i-PhD

Yan Monier – ADAM

Yan Monier, docteur de l’Université Paris-Saclay en automatique et post-doctorant en cybersécurité à l’ENS Paris-Saclay au sein du Laboratoire universitaire de recherche en production automatisée (Lurpa – Univ. Paris-Saclay/ENS Paris-Saclay), a reçu le prix i-PhD pour son projet ADAM (Anomaly detection by adaptative modeling).

ADAM est un logiciel de maintenance prévisionnelle pour les chaînes de production industrielle. À partir des signaux capteurs et actionneurs déjà présents sur la ligne, il construit et met à jour automatiquement un jumeau numérique comportemental, sans modélisation manuelle ni paramétrage expert. Ce jumeau, basé sur des lois physiques du procédé, prend la forme d'un graphe interprétable. Fidèle au comportement réel de la machine, il détecte les écarts dès leur apparition et permet d'en identifier l'origine, avant qu'ils ne dégradent la production. Conçu pour être plug-and-play et à faible coût d'entrée, ADAM ouvre la maintenance prévisionnelle à des lignes jusqu'ici hors de sa portée et réduit les pertes liées aux arrêts non planifiés.

Romain El Andaloussi – Bloom Ingredients

Romain El Andaloussi, alumnus d’AgroParisTech en ingénierie de produit à l’interface cuisine-industrie, a reçu le prix i-PhD pour son projet Bloom Ingredients.

Bloom Ingredients vise à développer un texturant universel grâce à la fermentation de précision. Son objectif est de proposer une alternative aux texturants actuellement controversés (carraghénanes, amidons modifiés, …). Il ambitionne d’offrir aux industriels de l’agroalimentaire une solution naturelle, performante et fiable. Grâce à la fermentation de précision, il sera possible de produire une molécule adaptée à toutes les exigences alimentaires (végétariens, végan, halal, kasher, …), plus responsable pour l’environnement et sans danger pour la santé.

Thomas Melkior – FAST-WAVE

Thomas Melkior, alumnus de CentraleSupélec et doctorant à l’Université Paris-Saclay en science computationnelle et mathématiques appliqués, a reçu le prix i-PhD pour son projet FAST-WAVE.

Pour les assureurs et réassureurs ayant un besoin critique d’estimer finement les risques liés aux tsunamis, FAST-WAVE permettra l’utilisation d’une API de simulation haute-fidélité. En éliminant la dispersion numérique, et en prenant en compte la complexité des signaux sismiques, notre modèle garantit une précision inédite, et la modélisation d’un nouveau type de risques de tsunamis pour aider à sauver des vies, sécuriser l'évaluation des actifs et optimiser les primes d’assurance.

Sophia Godel-Pastre – ReOxy 

Sophia Godel-Pastre, docteure de l’Université Paris-Saclay au sein du Laboratoire d'imagerie biomédicale multimodale Paris-Saclay (Biomaps – Univ. Paris-Saclay/Inserm/CEA/CNRS) et du laboratoire Médicaments et technologies pour la santé (MTS – Univ. Paris-Saclay/INRAE/CEA), a reçu le prix i-PhD pour son projet de transfert technologique ReOxy, issu de ses travaux de thèse.

L'hypoxie au cœur des tumeurs compromet considérablement l'efficacité de la radiothérapie. Or, les nanoparticules radiosensibilisantes actuellement en développement sont trop volumineuses pour diffuser efficacement au sein de la matrice extracellulaire tumorale et atteindre ces zones critiques, ce qui limite leur potentiel radioadjuvant. ReOxy propose de s'affranchir de ces contraintes grâce à une nanoparticule organique de petite taille (d < 20 nm), capable de pénétrer en profondeur dans les tumeurs solides et d’augmenter localement la concentration en dioxygène, potentialisant ainsi l'efficacité tumoricide de la radiothérapie.

Grand Prix I-PhD

Inès Doublier – PHLO

Inès Doublier est doctorante en biotechnologie à l’Université Paris-Saclay, au sein du laboratoire Microbiologie de l'alimentation au service de la santé humaine (Micalis – Univ. Paris-Saclay/INRAE/AgroParisTech). Elle a remporté le grand prix i-PhD pour son projet PHLO.

Phlo est une technologie disruptive dont l’objectif est de multiplier les rendements de la bioproduction. Il s’agit d’une méthode de production qui utilise un couple phage- bactérie, c'est-à-dire un virus et son hôte. Aujourd'hui, les bactéries sont cultivées seules pour produire des molécules notamment thérapeutiques ou cosmétiques. L'ajout des phages permet une forte augmentation de la production tout en supprimant une étape d’extraction, et ce dans les équipements déjà existants. La mission de Phlo est d’aider les industriels de la bioproduction à diminuer les coûts relatifs aux molécules déjà produites, et à produire des molécules innovantes dont les rendements sont aujourd’hui insuffisants pour garantir leur viabilité économique.

 

Reihan Mazouz – SMAAI

Reihan Mazouz, docteur de l’Université Paris-Saclay (CentraleSupélec) en intelligence artificielle a reçu le grand prix i-PhD pour son projet SMAAI (signal multi-modal analysis & artificial intelligence).

SMAAI est un projet de startup deeptech dédié à l’analyse intelligente de signaux. L’objectif est de faire pour le signal ce que les grands frameworks de vision par ordinateur ont permis pour l’image : développer des modèles d’intelligence artificielle réutilisables, faciles à entraîner, à déployer et à intégrer dans des applications industrielles, sans reconstruire une chaîne de traitement spécifique à chaque nouveau cas d’usage. SMAAI vise une industrialisation dans des domaine variés tels que le biomédical, la ville intelligente, les capteurs industriels, les moteurs, l’astrophysique ou la géophysique.

Lancé en 2019, i-PhD est le volet amont des concours, destiné aux doctorantes et doctorants, et jeunes docteures et jeunes docteurs. Il vise à les attirer vers la création de start-up technologiques, en lien avec les structures de transfert de technologie et les laboratoires de recherche publique. Chaque lauréat ou lauréate bénéficie d’un accompagnement spécifique (mentorat, formation, accès privilégié à la bourse French Tech Bonifiée, Summer Camp, etc.).