AAP Sophie Germain 2026 : plusieurs projets de la communauté de l’Université Paris-Saclay lauréats
Le 9 octobre, l'Ambassade de France au Royaume-Uni a annoncé les 10 lauréats et lauréates de l’appel à projets Sophie Germain sur l’intelligence artificielle et la santé. Quatre des dix projets récompensés sont portés par des membres de la communauté de l’Université Paris-Saclay, et un cinquième par un alumnus.
Avec 105 candidatures reçues cette année, contre 48 en 2025 et 29 en 2024, la troisième édition de l’appel à projets (AAP) Sophie Germain témoigne d’un intérêt croissant de la communauté scientifique pour ce dispositif. À l’issue d’une évaluation scientifique indépendante, 10 projets ont été retenus parmi les 31 propositions ayant obtenu la note A+, soit un taux de sélection d’environ 10 % rapporté à l’ensemble des candidatures.
Cette édition s’inscrit dans les priorités du Comité mixte franco-britannique pour la science et la technologie (COMIXTE) en matière d’intelligence artificielle et de santé.
Découvrez les projets lauréats de la communauté de l’Université Paris-Saclay :
Sarcomas - Targeting epitranscriptomic regulation as a novel therapeutic approach in fusion-driven sarcomas
Le projet Sarcomas est porté par Sophie Postel-Vinay, médecin-chercheuse spécialisée en oncologie médicale, directrice du programme de recherche institutionnel SIRIC EpiCure à Gustave Roussy et PU-PH à l'Université Paris-Saclay.
Formée en France et au Royaume-Uni, sur le développement de médicaments précoces ainsi que la réparation de l'ADN et à la létalité synthétique, Sophie Postel-Vinay a rejoint Gustave Roussy et l'Université Paris-Saclay en 2013 en tant que cheffe de clinique au Département d’innovations thérapeutiques et essais précoces. Après avoir créé en 2018, au sein de l’unité Prédicteurs moléculaires et nouvelles cibles en oncologie (PMNCO – Univ. Paris-Saclay/Inserm/Gustave Roussy), une équipe de recherche translationnelle et fondamentale dédiée à l’identification des vulnérabilités génétiques des cancers, elle a rejoint en 2023 l’University College London (UCL) Cancer Institute afin de renforcer les collaborations et les mobilités avec l’Université Paris-Saclay et Gustave Roussy, ainsi que de développer de nouvelles approches thérapeutiques contre les sarcomes, des tumeurs rares aux options de traitement limitées.
Son projet, financé par le programme Sophie Germain 2026, s’inscrit dans cette initiative. Il permettra Elisa Quantin, diplômée d’un master en cancérologie de l’Université Paris-Saclay et future doctorante, d’effectuer une partie de sa thèse à UCL, où elle étudiera une nouvelle piste thérapeutique contre des sarcomes agressifs touchant les enfants et les adolescent·es. Sarcomas vise à explorer le potentiel d’une nouvelle classe de médicaments pour rendre les cellules tumorales plus visibles au système immunitaire, afin de faciliter leur reconnaissance et leur destruction. Cette collaboration donnera accès à des outils d’étude complémentaires à ceux disponibles à Gustave Roussy, tel qu’un modèle de poisson-zèbre dont la transparence permet d’observer en direct l’arrivée des cellules immunitaires dans la tumeur. La doctorante sera notamment formée à cette approche par la professeure Beth Payne.
COGNAC - Cognition from Neuroimaging and Clinical Context: Multimodal Foundation Models for Cognitive Outcome in Multiple Sclerosis and Glioma Surgery
Demian Wassermann est directeur de recherche à Inria Saclay, au sein de l’équipe « MIND » et maître de conférences à CentraleSupélec. Travaillant à l'interface de l'IA et des neurosciences pour comprendre comment la structure et la connectivité du cerveau sous-tendent la cognition, ses recherches portent principalement sur le développement de modèles mathématiques de l'anatomie cérébrale à partir de l'IRM de diffusion et de l'IRM fonctionnelle, ainsi que sur leurs applications cliniques.
Il porte le projet COGNAC, en collaboration avec Thomas Nichols, Bartłomiej Papież et Angeliki Kerasidou de l’University of Oxford, ainsi que Carola-Bibiane Schönlieb de l’University of Cambridge.
Ce projet, financé par le programme Sophie Germain 2026 avec Télécom Paris, Oxford et Cambridge, vise à prédire l'évolution cognitive de patient·es atteint·es de sclérose en plaques ou de gliome à partir de l'imagerie cérébrale, grâce à des modèles de fondation tabulaires, et repose sur la mobilité de jeunes chercheur·euses entre la France et le Royaume-Uni.
Anti-Resistance -Towards a global predictive framework for antimicrobial resistance: building a UK–France network
Le projet Anti-Resistance est porté par Lulla Opatowski, professeure d’épidémiologie mathématique à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines et responsable de l’équipe « Maladies infectieuses, interactions et échappement aux anti-infectieux » au Centre de recherche en épidémiologie et santé des populations (Cesp – UVSQ/Inserm/Univ. Paris-Saclay), en partenariat avec la London School of Hygiene & Tropical Medicine.
Brain networks - Découverte de réseaux fonctionnels cérébraux individualisés et de leur dynamique par des méthodes d’IA
Le projet Brain networks est porté par Edouard Duchesnay, directeur de recherche au sein du laboratoire GAIA de l’unité Building large instruments for neuroimaging: from population imaging to ultra-high magnetic fields (Baobab – Univ. Paris-Saclay/CEA/CNRS) et maître de conférences en apprentissage automatique à l'Université Paris-Saclay, en collaboration avec Mark Woolrich de l’University of Oxford.
FIRE-AIR - AI for Wildfire-Smoke Pollution and Healthcare-Ready Exposure Intelligence
Sibo Cheng, docteur de l’Université Paris-Saclay et actuellement titulaire d’une chaire de professeur junior à l’École des Ponts ParisTech, porte le projet FIRE-AIR en collaboration avec Rossella Arcucci de l’Imperial College London.
Le Programme Sophie Germain est une subvention créée par l'Ambassade de France au Royaume-Uni pour aider les scientifiques français et britanniques à travailler ensemble sur de grands projets de recherche. Cet appel à projets offre jusqu'à 50 000 € pour financer les voyages des chercheur·ses, l'achat de matériel ou l'organisation de réunions de travail. Le but principal est de propulser ces équipes vers des financements européens encore plus importants pour l'avenir. Le programme soutient en priorité des domaines clés comme l'intelligence artificielle et la santé tout en restant ouvert aux sciences humaines et sociales.