Le Prix Nobel de chimie 2026 attribué à Henri Kagan, professeur émérite de l’Université Paris-Saclay

Recherche Article publié le 07 octobre 2026 , mis à jour le 08 octobre 2026

Henri Kagan, professeur émérite de l’Université Paris-Saclay, est lauréat du prix Nobel de chimie 2026 pour la découverte des effets non linéaires en synthèse asymétrique, travaux qu’il a menés au sein de l’Institut de chimie moléculaire et des matériaux d'Orsay (Univ. Paris-Saclay/CNRS). Il partage cette récompense avec le japonais Kenso Soai pour ses travaux sur l’autocatalyse en chimie organique. Le comité Nobel a salué « leurs découvertes (qui) ont joué un rôle déterminant pour les chimistes qui conçoivent des réactions destinées à la fabrication de produits pharmaceutiques ».

Henri Kagan, professeur émérite de la Faculté des sciences d’Orsay de l’Université Paris-Saclay a consacré une grande partie de sa carrière au sein de l’équipe de Catalyse Moléculaire de l’Institut de chimie moléculaire et des matériaux d'Orsay (Univ. Paris-Saclay/CNRS) à des recherches dédiées à la chiralité moléculaire.

Il a activement participé à la découverte de la catalyse asymétrique, une méthode de synthèse efficace et sélective qui permet de produire ces molécules chirales qui sont primordiales pour le développement de médicaments, entre autres.

On les retrouve également dans les constituants des molécules essentielles à la vie. Comment sont-elles apparues sur terre ? Les travaux d’Henri Kagan sur les effets non-linéaires en catalyse asymétrique ont permis de contribuer aux réponses à cette question, par la conceptualisation et la mise en évidence de l’effet d’amplification d’une asymétrie moléculaire.

Henri Kagan est diplômé de l’École Nationale Supérieure de Chimie de Paris. Il a débuté sa carrière au CNRS en 1954, puis il a réalisé sa thèse au collège de France sous la direction de Jean Jacques. Henri Kagan a été nommé maître de conférences à l’Université Paris-Saclay (ex Université Paris-Sud) en 1967 et promu professeur titulaire en 1973. En 1993, il est devenu professeur à l’Institut Universitaire de France. Récipiendaire du Grand Prix du Rayonnement Français pour la Science en 1989, il est membre de l’Académie des Sciences depuis 1991 et de la Royal Society of Chemistry depuis 2003. Henri Kagan a reçu tout au long de sa carrière de nombreuses récompenses, dont la médaille d’argent du CNRS en 1974 et la médaille Prelog en 1990. 

En 2001, Henri Kagan est lauréat du Prix Wolf, l’une des plus prestigieuses récompenses internationales dans le domaine. Parmi les plus hautes distinctions attribuées, il a reçu la médaille Benjamin Franklin en 2005 puis la médaille Lavoisier en 2013. Henri Kagan a été fait chevalier de l’ordre national du Mérite en 1996 puis de la Légion d’honneur en 2002.

« Je suis particulièrement heureux et fier de pouvoir féliciter Henri Kagan, professeur émérite de l’université et lauréat de ce prix Nobel de chimie 2026. Les travaux pour lesquels il a été honoré par le comité Nobel s’inscrivent dans la tradition des grandes et grands pionniers de la chimie à l’université tels que Irène Joliot-Curie et Frédéric Joliot-Curie, qui se sont installés à Orsay à la fin des années 50 pour y développer des infrastructures de recherche inédites. Cette tradition d’excellence se doublait déjà du souci permanent des applications de leurs découvertes en chimie, notamment les applications médicales ou pharmaceutiques comme dans le cas d’Henri Kagan. Quelle belle filiation. »

— se réjouit Camille Galap, président de l’Université Paris-Saclay

« L’attribution du prix Nobel de chimie à Henri Kagan, professeur émérite à l’Université Paris Saclay, est une immense fierté pour toute la recherche française, en particulier l’Institut de chimie moléculaire et des matériaux d'Orsay également rattaché au CNRS. Ses travaux pionniers sur la chiralité et la catalyse asymétrique ont profondément transformé notre manière de concevoir et de synthétiser les molécules, avec des retombées majeures notamment dans le domaine pharmaceutique. Cette distinction rappelle la force de la recherche fondamentale menée en France, capable de faire émerger des découvertes qui transforment durablement la chimie et ses applications. Au nom du CNRS, j’adresse mes plus chaleureuses félicitations à Henri Kagan. »

— déclare Thierry Dauxois, PDG du CNRS

« Les modèles originaux mis au point par Henri Kagan sont utilisés plus que jamais aujourd'hui pour développer de nouvelles réactions de catalyse asymétrique, au-delà de celles déjà industrialisées. L’étude des effets non linéaires permet d’en comprendre les mécanismes et d’optimiser les phénomènes d’amplification asymétrique. Cela permet de préparer des molécules chirales par les moyens les plus économes et les plus durables, avec des équipes de recherche de l'ICMMO qui travaillent encore sur ces sujets »

— se réjouit Emmanuelle Schulz, directrice de l’Institut de Chimie Moléculaire et des Matériaux d'Orsay (ICMMO- Univ. Paris-Saclay / CNRS)