Quelle est la dernière chose que vous ayez faite pour rendre heureux l’un de vos proches, sans que celui-ci vous l’ait demandé (visite, cuisine, lecture) ?... Posez-vous maintenant la question : l’aurais-je fait aussi bien s’il me l’avait demandé expressément ? …

Et bien, c’est ma question de recherche !… Sauf que, comme c’est une recherche en Gestion – qui étudie le fonctionnement de l’entreprise -, la question se décline ainsi : est-ce que, les entreprises vont s’impliquer d’avantage / pour le bien de la société / quand elles le décident volontairement / ou quand on les y oblige ?

Pour cela il faut d’abord comprendre que les entreprises veulent – et doivent - gagner de l’argent. Mais, elles peuvent aussi choisir de s’engager pour le bien-être de ceux qui les entoure. On parle de « Responsabilité Sociale des Entreprises »…

Mais comment faire lorsque les entreprises n’ont pas envie de s’engager ?

Par exemple, l’une des responsabilités morales de l’entreprise est de permettre l’emploi des personnes handicapées, dont l’intégration est difficile dans nos sociétés normalisées. C’est sur ce cas spécifique que je travaille.

Aujourd’hui, 16 % de la population active européenne a un handicap. Leur taux de chômage est bien plus élevé que celui du reste de la population. Cela vient notamment du manque d’implication des entreprises. Face à cette situation, l’Etat a décidé de faire d’avantage pression sur les entreprises, en leur imposant un quota - de 6% - de travailleurs handicapés. On parle d’ « incitations à agir »…

Mais peut-on vraiment forcer l’entreprise à s’impliquer, sans qu’elle risque de le faire mal ?    Peut
être que non. Le risque encouru s’appelle l’ « engagement de façade ».    

Imaginons que l’entreprise soit un gâteau et les personnes handicapées des noisettes. Comme à Top chef, il vous est demandé de réaliser un gâteau au chocolat utilisant ces noisettes.

Trois choix s’offrent à vous : 1) Premièrement, refuser d’utiliser les noisettes, quitte à être sanctionnés. 2) Deuxièmement, disposer les noisettes en décoration, sur le dessus du gâteau. 3) Enfin, faire l’effort d’incorporer les noisettes à la pâte. Quel que soit votre choix, vous conviendrez que les trois gâteaux auront des goûts très différents.

Il en va de même pour les quotas de travailleurs handicapés… Ils ne suffisent pas à dire la qualité réelle de l’engagement. Ainsi, face aux incitations de l’Etat, les entreprises peuvent 1) refuser de s’engager, 2) s’engager en façade ou 3) s’engager fortement. Quel que soit leurs choix, l’intégration des personnes handicapés ne sera pas la même.

Avec ma thèse, je veux comprendre comment les entreprises réagissent quant on les oblige à s’engager. Mon objectif est de trouver le meilleur moyen d’encourager, sans forcer, les entreprises réticentes à agir. Ainsi, je contribuerai à limiter les engagements de façade et accroitre l’intégration des personnes handicapées dans notre société / les entreprises ! 

  • La thèse de Estelle Gandillot-Nicolas s'intitule : "L'impact des incitations sur la Responsabilité Sociale de l'Entreprise (RSE). Le cas du Handicap dans l'entreprise".
  • Estelle Gandillot-Nicolas a participé à l'édition 2016 de MT180 pour l'Université Paris-Saclay.