Les nouveau inhibiteurs de l’agrégation des peptides A β : Synthèse et évaluation par des méthodes biophysiochimiques. Intérêt dans la maladie d’Alzheimer.

Dimitri Brinet, Biomolécules : conception, isolement, synthèse (BioCIS)

Mais où sont donc passés mes clefs ? Cette banale question, on se l’est tous posée. Au début, on en sourit. Mais, lorsque l’on vieillit et que ces situations d’amnésie passagère se répètent on ne peut s’empêcher de craindre la maladie d’Alzheimer.

Les chiffres sont terrifiants : toutes les 2 minutes en France un nouveau cas est diagnostiqué. 35 million de personnes sont atteintes dans le monde. Et malgré plus d’un siècle de recherche, toujours aucun traitement disponible pour les malades.

Cette maladie est décrite comme une maladie neurodégénérative progressive, c'est-à-dire que le merveilleux réseau de 3 milliards de neurones situés dans notre cerveau est attaqué durant des dizaines d’années  Le principal suspect : le peptide Amyloïde. Cette petite molécule est naturellement présente dans nos cerveaux mais sa quantité augmente chez les malades. Elle s’assemble, s’accumule pour former des espèces toxiques. Ce sont ces espèces qui sont responsables des symptômes que l’on connait malheureusement tous. L’objectif de ma thèse est donc de trouver des nouveaux traitements de cette pathologie.

Revenons tout d’abord à notre principal suspect, le peptide amyloïde. Pour faciliter notre enquête, la communauté scientifique a ainsi proposé de l’isoler d’une scène de crime bien trop complexe pour l’observer en flagrant délit de formation d’espèce toxique.

Ne pouvant attendre les dizaines d’années nécessaires à ce phénomène dans le cerveau, le premier objectif de ma thèse a donc été de le reproduire en seulement quelques heures. La maitrise de ce bouton «accélérer» ainsi que le placement de notre «loupe» au-dessus des espèces incriminées va permettre l’évaluation de nos candidats médicaments.

Passons donc maintenant à la deuxième étape, la synthèse de nos candidats médicaments. Ils sont conçus pour neutraliser les espèces toxiques. Ces espèces toxiques sont formées par le peptide Amyloïde qui se comporte un peu comme le périphérique parisien. En temps normal, le trafic est fluide, mais à certaines heures, des dizaines de kilomètres de bouchons apparaissent. Il faut alors réguler le trafic, soit en empéchant l’arrivée de nouveaux véhicules, soit en accélèrant le départ des voitures coincées. Nos candidats médicaments fonctionnent sur le même principe. Empêcher la formation d’espèces toxiques « les bouchons », ou accélérer leur disparition. Ces analyses ont permis d’identifier deux candidats médicaments particulièrement prometteurs.

Finalement l’ensemble de ces travaux va permettre, je l’espère, de nouveaux traitements de la maladie d’Alzheimer mais pas sûr pour autant que nos clefs cessent de disparaitre.

 

Dimitri Brinet est en 3ème année de thèse au laboratoire Biocis / Institut Galien Paris-Sud (Université Paris-Sud).

Il étudie "Les nouveaux inhibiteurs de l’agrégation des peptides Aβ : synthèse et évaluation par des méthodes biophysicochimiques  Intérêt dans la maladie d’Alzheimer".