Nouvellement arrivé à l’IHES, le probabiliste Hugo Duminil-Copin multiplie les rencontres, les publications et les récompenses.

« Il y a tellement de façons de faire des mathématiques ! », s’enthousiasme Hugo Duminil-Copin. Professeur permanent à l’IHES, un membre de l’Université Paris-Saclay, depuis septembre 2016, il est lui-même un probabiliste qui travaille à l’interface entre les mathématiques et la physique.

Un homme normal

Se jugeant « pas spécialement doué » en calcul mental, Hugo Duminil-Copin assure avoir eu un parcours classique. Guidé par le système scolaire, il finit par choisir les mathématiques plutôt que la physique, en ne sachant « pas très bien ce qu’était un mathématicien ». Il est donc heureux de se découvrir entouré de personnes « normales ». Notamment Harry Kesten, « dieu vivant » pour l’étudiant, se révèlera un « petit monsieur très naturel et très humble ».

Un travail d’équipe

Après une agrégation de mathématiques à l’École normale supérieure de Paris et un master à l’Université Paris-Sud, il effectue sa thèse à l’Université de Genève où il deviendra professeur.

Pour son installation à l’IHES, Hugo Duminil-Copin a bénéficié d’une chaire IDEX de l’Université Paris-Saclay. Il va ainsi pouvoir constituer une équipe de travail au sein de l’Institut et en profitant de l’environnement de l’Université Paris-Saclay. Car pour lui, les mathématiques passent plus par des discussions que par des brouillons.

Il travaille d’ailleurs essentiellement avec un grand tableau noir, source et support des discussions.

Du microscopique au macroscopique

Dans ses recherches, Hugo Duminil-Copin a développé son attrait pour la physique, dialoguant avec de nombreux domaines scientifiques. À partir de l’étude statistique du microscopique, il déduit des propriétés d’objets ou de phénomènes macroscopiques : matériaux poreux, comportement des gaz, propagation d'un incendie ou d'une épidémie, aimantation, etc. En particulier, il étudie le modèle d’Ising, qui permet de représenter par exemple des aimants, en trois dimensions, comme une collection de petits aimants ne pouvant prendre que deux états (tournés vers le Sud ou vers le Nord magnétiques, par exemple).

Le mathématicien s’intéresse également à l’« universalité », cette fois en deux dimensions. Un modèle s’appuie toujours sur des règles et des paramètres choisis par le modélisateur pour représenter un phénomène. La compréhension de ce phénomène ne doit dépendre que faiblement des règles choisies, c’est-à-dire qu’une petite modification de ces règles ne doit pas mener à une interprétation différente du phénomène. Hugo Duminil-Copin cherche ainsi à vérifier l’universalité de ses modèles.

De nombreux prix prestigieux

Pour ses travaux, Hugo Duminil-Copin a reçu de nombreux prix et distinctions. À 31 ans, il cumule les prix Rollo Davidson et Vacheron-Constantin obtenus en 2012, le prix Oberwolfach en 2013, l’Early Career Award de l'association internationale de physique mathématique et le cours Peccot du collège de France en 2015. Tous récompensent les travaux de jeunes mathématiciens en début de carrière.

L’année 2016 a également été couronnée de succès pour le professeur. Il a remporté le prix de la Société mathématique européenne (EMS Prize), lors du 7e congrès européen de mathématiques en juillet. Il est également l'un des quatre lauréats du prix "New Horizons in Mathematics" décerné par la Fondation Breakthrough en décembre. Fondés par Yuri et Julia Milner et quelques grands entrepreneurs de la Silicon Valley (Sergey Brin, Anne Wojcicki, Mark Zuckerberg et Priscilla Chan), les Breakthrough Prizes récompensent les grands scientifiques dans les domaines des mathématiques, de la physique et des sciences de la vie depuis 5 ans.

De quoi rêver de la médaille Fields ? Présentée comme l’équivalent du prix Nobel de mathématiques, la médaille Fields a souvent distingué des mathématiciens qui avaient obtenu le prix de la Société mathématique européenne.