Implémentation de sondes radiofréquences sans contact pour la caractérisation diélectrique de tissus biologiques.

Gayathri Masilamany, Institut d'électronique fondamentale (IEF)

Vous avez peut-être déjà utilisé, à la plage ou en plein air, un détecteur de métal pour dénicher un trésor comme de l’or ou de l’argent, ou par malchance : de la rouille ! Imaginez maintenant, non pas un détecteur de métal mais un détecteur de jeune tumeur. Je dis bien jeune tumeur car nous pourrons ainsi facilement l’éliminer. Malheureusement, elles sont détectées lorsqu’elles sont déjà vielles et ont causé un certain nombre de dégâts. Face à l’IRM qui fait un diagnostic tardif et difficile à ranger entre sa cuisinière et son frigo, j’aimerais vous proposer un capteur plus accessible, même économiquement, grâce aux moyens simples utilisés dans la technique que je développe durant ma thèse.

Alors, comment ce détecteur devine ce qui se cache derrière la peau, sans la pénétrer ni même la toucher ? Eh bien, grâce aux ondes électromagnétiques. Qu’est-ce que cela ? Il s’agit d’une perturbation invisible de l’espace se déplaçant à la vitesse de la lumière. Elle peut aussi transporter des informations. Par exemple c’est une onde électromagnétique qui sort de votre télécommande et va demander à votre TV de s’allumer ou s’éteindre. Ou encore c’est grâce à ces ondes que vous vous connectez à internet par le Wifi. Revenons à notre problème, mon onde électromagnétique traverse ma peau ; une partie en ressort de l’autre côté et une autre partie la pénètre et revient vers mon capteur. Nos ondes revenues des parties saines seront similaires, et mon onde renvoyée par la zone contenant ma tumeur sera troublée, je pourrais ainsi la démasquer.

Pourquoi mes moyens utilisés sont simples ?  Parce que pour créer mes ondes électromagnétiques j’utilise de simple bobines électriques. Je réalise d’abord des essais sur ce qu’on appelle des fantômes de tissus biologiques, il s’agit de faux tissus biologiques qui ont des propriétés similaires aux vrais.

Alors nous avons pu voir ce qui pourrait se cacher derrière ce futur détecteur de tumeur précoce, facilement accessible, et pouvoir ainsi passer de fantômes à de réelles entités.

 

Gayathri Masilamany est en 2ème année de thèse à l'Institut d'Électronique Fondamentale (Université Paris-Sud).

Elle étudie "L'implémentation de sondes radiofréquences sans contact pour la caractérisation diélectrique de tissus biologiques".