au programme : que reste-t-il de nos échanges ?

Comme expliqué par ailleurs, des ateliers ont eu lieu en vue de la programmation architecturale du Learning Center de l'Université Paris-Saclay. Ils ont réuni des personnes issues des équipes du futur Learning Center, des collègues de l'IST de l'Université Paris-Saclay et des collègues de l'IST d'autres écoles et universités. Des utilisateurs/utilisatrices et partenaires naturels ont aussi été sollicités : chercheurs, enseignant(e)s, étudiant(e)s, milieu de l'innovation, partenaires territoriaux : beaucoup de monde en peu de temps ! Que tous soient ici remerciés @antoinetorrens, @tkoscielniak, @DiagonaleSaclay, @CrehaletP, @veron_bernas, @TiphZirmi, @proto204, @bibliothequeCS, ... Nous n'avons pas pu réunir autant de personnes que nous l'aurions voulu ni échanger autant que nous l'aurions souhaité, mais ces échanges permettent d'envisager des conclusions de trois types et des échanges (du) futur.

Type 1 : La conclusion utile

Les ateliers ont apporté des conclusions directement utiles (ce qui dans ce millénaire de l'utilitarisme est rassurant pour tout chef de projet). Deux tendances significatives sont ressorties des échanges (épargnons au lecteur les 300 ajustements qui n'intéressent que les gens directement impliqués dans le projet et encore 300, cela en découragera plus d'un) :

- Donner une identité au lieu dans toute sa diversité. En effet, il faut fournir un programme architectural autant qu'une offre de services qu'il fallait repréciser. Cela passe par une formule qui peut vous paraître banale, mais qui pour nous veut dire beaucoup : "Lieu de lecture". Car lire, c'est aussi apprendre à lire et ce sera donc le rôle du Learning Center : apprendre à lire l'Université Paris-Saclay en montrant ce qu'est l'Université, ce qu'elle propose dans ses trois dimensions que sont la Recherche, l'Innovation et la Formation. Cela se déclinera aussi bien dans l'offre papier que numérique et cela sous-tendra tous les services proposés : événements, expositions, valorisation du campus dans sa dimension culturelle, environnementale et architecturale... Le Learning Center sera donc un lieu d'apprentissage en ce sens qu'il apprendra à décoder l'Université (terme qui n'est jamais que la traduction à l'âge du numérique de lire) !

- Cesser de différencier des salles de formation d'autres salles, mais travailler à la modularité des salles de différents formats que peuvent s'approprier les utilisateurs. Comme de nombreux projets architecturaux, la modularité est un élément fort, avec tout ce que cela comporte comme difficultés. Cependant, nous souhaitions être cohérents dans nos choix. Ainsi, l'idée d'une salle de formation de x places versus une salle de travail en groupe de y places a été rejetée pour préférer la mise à disposition de salles qui vont de 4 à 64 places. Ces salles peuvent être disposées de différentes façons avec des matériels divers propices à favoriser l'échange, le projet, la démonstration, le travail d'artiste... en tentant de penser aux cas particuliers : arrivée d'eau (banal me direz-vous, mais pas pour des bibliothécaires), noir total (pour favoriser le traitement de l'image), studio d'enregistrement vidéo ou réunion-repas. Ce changement de paradigme a pour avantage de couper le cordon d'une habitude bien ancrée qui consistait à préconiser l'usage de tel ou tel espace en vue de telle ou telle médiation. Cette volonté va jusqu'à proposer un usage de l'auditorium pour des échanges outre la vocation magistrale de ce type de lieu en le connectant bien avec les espaces dédiés au projet. Les circulations doivent alors privilégier l'usage simultané de plusieurs lieux pour un événement, un projet,...

Type 2 : Prendre la mesure...

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... de l'ampleur du projet, des partenaires à associer, des utilisateurs potentiels. Tout cela peut paraître ambitieux ou effrayant (selon le tempérament de chacun), mais est en tout cas essentiel à la bonne réussite du projet. Cet enjeu n'est pas architectural, il est possible de faire un palais vide, cela s'est même déjà vu !

Cependant, ce n'est pas notre but. Réussir la mutualisation, c'est offrir les bons services et s'adapter aux besoins avec l'ensemble des acteurs : l'équipe qui portera ces services, les collègues et partenaires qui y prendront part et les utilisateurs qui les recevront. Vu de l'extérieur, encore une banalité, de l'intérieur, un sacré défi. Ces ateliers ont permis de mieux connaître l'écosystème de l'Université Paris-Saclay, les partenaires, les projets déjà existants ou en cours de développement. Il ne faudra pas perdre les liens tissés durant ces temps forts, ce qui conduirait à une perte de cohérence et de crédibilité du projet.

Type 3 s'organiser durablement

Enfin, rencontrer les équipes et les problématiques a tout simplement permis de préfigurer des groupes de travail et des projets à échelonner dans le temps. Si l'ouverture est prévue pour 2019/2020, le travail sur les collections et les services doit débuter au plus tôt, des établissements tels que CentraleSupélec déménageant dès la rentrée 2017 sur le plateau de Moulon. Ainsi, les différents acteurs vont être amenés à se retrouver régulièrement pour définir des méthodes de travail et prendre des décisions déjà estampillées Learning Center !

Julien, chef de projet Learning Center - Université Paris-Saclay