Publié le 12 décembre 2017
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Structure of the REG3A protein. Based on PyMOL rendering. @emw via Wikipedia - CC-BY-SA-3.0

Des chercheurs issus de membres de l’Université Paris-Saclay ont mis en évidence un mécanisme permettant de lutter contre les altérations du microbiote intestinal : une protection utile contre les maladies et l‘inflammation intestinale.

La plupart des antibiotiques est efficace contre les bactéries qui attaquent notre corps… mais aussi contre les « bonnes » bactéries avec lesquelles nous vivons en symbiose, notamment celles vivant dans nos intestins. Ce microbiote intestinal est fragile. Des équipes de l’hôpital Paul-Brousse AP-HP, de l’Inserm et de l’Université Paris-Sud ont trouvé un moyen de le réguler pour éviter les maladies.

Un des facteurs clés de déséquilibres dans la composition du microbiote ou « dysbiose » est en effet le stress oxydatif intestinal qui amplifie la production de radicaux libres (fragilisant les cellules), l’activation de cellules inflammatoires (macrophages) et les lésions de la barrière intestinale, et favorise les bactéries aérotolérantes, qui ne craignent pas l’oxygène. Traiter ou prévenir ce stress oxydatif permet donc d’éviter une fragilisation de la santé, ce qui en fait une cible thérapeutique de choix.

Publiée dans la revue Gastroenterology, l’approche inédite des chercheurs s’appuie sur une protéine, REG3A, qui est à la fois anti-oxydante et anti-inflammatoire. Cette protéine est capable de diminuer les niveaux de radicaux libres présents au niveau des intestins. Elle protège ainsi la barrière intestinale et les bactéries les plus sensibles à l’oxygène formant le microbiote : la survie et la croissance de « bonnes » bactéries est alors facilitée, ce qui prévient le développement de maladies comme la colite ou l’inflammation intestinale.

Cette protéine, dite recombinante, REG3A a de plus l’avantage d’être naturellement produite par les humains. Il suffirait donc d’en augmenter la concentration pour renforcer la proportion de bactéries intestinales à potentialité anti-inflammatoire. Une thérapie biologique basée sur l'administration de cette protéine permettrait de (re)modeler le microbiote intestinal et pourrait même prévenir le cancer colorectal.

En savoir plus : lire l'article original Darnaud M et al. Enteric Delivery of Regenerating Family Member 3 alpha Alters the Intestinal Microbiota and Controls Inflammation in Mice With Colitis, Gastroenterology (2017), doi: 10.1053/j.gastro.2017.11.003