Publié le 19 octobre 2018
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Sous la Coupole de l'Institut de France

Huit lauréats issus d’établissements membres de l’Université Paris-Saclay ont été récompensés lors de la première cérémonie de remise des prix 2018 de l’Académie des sciences qui s’est tenue le 16 octobre 2018 sous la coupole de l’Institut de France. Trois autres lauréats recevront leur prix lors d’une deuxième cérémonie qui se déroulera le 20 novembre 2018.

Chaque année, l’Académie des sciences distingue des chercheurs qui, à travers l’originalité et la qualité de leurs parcours professionnels, contribuent au progrès de la connaissance et aux avancées de la recherche scientifique. Pour l’édition 2018, 31 grands prix et 36 prix thématiques ont été attribués.

 

Voici la liste des 11 lauréats de l’Université Paris-Saclay primés :
 

♦ Lors de la cérémonie du 16 octobre 2018

Patrick Wincker, directeur du Genoscope, Institut de biologie François Jacob (CEA Saclay) : lauréat du Grand Prix « science et innovation » du CEA

Patrick Wincker a organisé et dirigé au Genoscope les programmes de séquençage de génomes aussi divers que variés : participation au séquençage du génome du poisson Tetraodon, puis du chromosome 14 humain et de plusieurs chromosomes d’Arabidopsis et du riz.

Il a ensuite pris en charge des génomes complets, comme celui de la paramécie, du rotifère Adineta vaga, de la truffe, et de nombreux génomes de plantes comme la vigne, le cacaoyer, le colza ou le rosier. A chaque fois son analyse a révélé des particularités insoupçonnées comme la présence de polyploïdie cryptique.

Plus récemment, en partenariat avec Tara Océans, il a développé des programmes de métagénomique, qui lui ont permis de caractériser nombre d’espèces inconnues. Sa contribution originale est majeure et a ouvert la voie à de nombreuses études fondamentales ou appliquées.

 

Alexei Chepelianskii, chercheur au Laboratoire de physique des solides (CNRS / Université Paris-Sud) : lauréat du Grand Prix Jacques Herbrand

Alexei Chepelianskii n’est ni théoricien, ni expérimentateur, mais les deux à la fois. Il s’intéresse à de nombreux domaines de la physique. Ceci lui permet de construire une activité scientifique originale de haut niveau, inventive et très productive, se caractérisant par des allers-retours fructueux entre les expériences innovantes qu’il conçoit et réalise, et la théorie qu’il développe pour les interpréter.

Les nombreux articles scientifiques qu’il a déjà publiés sur des sujets très variés, allant de la dynamique des réseaux informatiques à la spintronique des photoconducteurs organiques et à la physique hors d’équilibre des états corrélés des électrons sur l’hélium, témoignent de la richesse et de la qualité de son activité scientifique.

 

Frédéric Pierre, chercheur au Centre de nanosciences et de nanotechnologies (CNRS / Université Paris-Sud) : lauréat du Grand Prix Madame Victor Noury

Frédéric Pierre est un jeune physicien de la matière condensée, expérimentateur très inventif, dont la production scientifique est en pleine ascension.

Son travail se caractérise d’une part par la conception et fabrication de circuits électroniques quantiques originaux pour tester les fondements du transport quantique mésoscopique, mais aussi par la mise au point d’une instrumentation inégalée pour la mesure de leurs propriétés de transport électriques et thermiques à très basse température.

Les travaux de Frédéric Pierre ont donné lieu à des avancées remarquables sur la physique des interactions électroniques dans les systèmes quantiques de basse dimensionnalité en testant des prédictions théoriques, non vérifiées pour l’heure expérimentalement, et en stimulant des développements nouveaux dans le domaine.

 

Julien Nicolas, chercheur à l’Institut Galien Paris-Sud (CNRS / Université Paris-Sud) : lauréat du Prix Novacap (Prix thématique : chimie)

Julien Nicolas est un chimiste des polymères reconnu pour ses importantes contributions à la conception de nouveaux matériaux pour des applications dans le domaine biomédical.

Ceux-ci ont conduit au développement de systèmes nanoparticulaires biodégradables innovants permettant de cibler différentes pathologies telles que le cancer ou la maladie d’Alzheimer.

Ses résultats ont conduit à de nombreuses publications de niveau international et au développement de sept brevets avec des entreprises de premier plan dans le domaine du médicament.

 

David Attié et Sébastien Procureur, ingénieurs-chercheurs à l’Institut de recherche sur les lois fondamentales de l'Univers – (CEA Saclay) : lauréat du Prix Ivan Peyches (Prix thématique : application des sciences à l’industrie)

Le prix est décerné conjointement aux deux ingénieurs-chercheurs, experts d’une technique de détection de particules chargées mise au point pour la physique des particules.

Ils ont appliqué avec succès ces détecteurs pour effectuer une radiographie de la pyramide de Kheops en Égypte au moyen des muons cosmiques.

L’analyse de leurs données a mis clairement en évidence l’existence d’une cavité de grandes dimensions jusque-là inconnue, apportant ainsi une information capitale pour l’archéologie égyptienne.

 

Riad Haidar, chercheur à l’ONERA, lauréat du Prix Aymé Poirson (Prix thématique : applications des sciences à l’industrie)

Le prix récompense ses travaux en optique non-linéaire et en optoélectronique, utilisant les nanotechnologies pour contrôler l'interaction lumière-matière dans des structures de faible dimensionnalité.

L'objectif est la conception de composants et de systèmes opto-électroniques compacts et économes en énergie, pour des applications en détection et émission de lumière, notamment pour les besoins de l’aéronautique.

 

Colin Guillarmou, chercheur au Laboratoire de mathématiques d’Orsay (CNRS / Université Paris-Sud) : lauréat du Prix Paul Doistau-Emile Blutet (Prix thématique : mathématiques)

Le chercheur a apporté des contributions majeures dans plusieurs domaines de l’analyse mathématique et des équations aux dérivées partielles.

Ses résultats les plus marquants concernent la théorie spectrale, la théorie de la diffusion, les problèmes inverses, le chaos quantique, les systèmes dynamiques hyperboliques, la géométrie conforme, la géométrie hyperbolique et la théorie de Teichmuller.

En particulier, il a prouvé que pour les variétés asymptotiquement hyperboliques complexes, les données de scattering permettent de reconstruire la topologie et la métrique de la variété et que sur des espaces hyperboliques co-compacts la série d’Eisenstein se concentre sur une mesure supportée dans l’espace des phases par des points terminaux de géodésiques et en moyenne sur la mesure de Liouville.

 

♦ Lors de la cérémonie du 20 novembre 2018

François Michel, directeur de recherche émérite du CNRS, chercheur bénévole à l’Institut de biologie intégrative de la cellule (CNRS / Université Paris-Sud) : lauréat du Prix Fondé par l’Etat
 
Philippe CIAIS, chercheur au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement (CNRS / CEA / Université Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines) : lauréat du Grand Prix Dolomieu – BRGM
 
Giulio Biroli, chercheur à l'Institut de physique théorique (CEA Saclay) : lauréat du Prix d’Aumale – Fondation de l’Institut de France (Prix thématique : physique)