Publié le 15 mai 2017
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Match Irlande contre Roumanie 2005 @Joe Wicklow

L’étape française du tournoi international de rugby à sept a eu lieu les 13 et 14 mai. L’occasion de montrer combien ce sport peut bénéficier d’un éclairage de physiciens.

Si l’on vous parle de physique à propos du rugby, vous pensez « condition physique » ou encore « force physique » ? Pourtant, les sciences physiques ont aussi à voir avec  le rugby. Comprendre les mouvements du ballon, par exemple, est bien plus complexe que ce à quoi on pouvait s’attendre, comme le montre Jérôme Perez, chercheur à l’ENSTA ParisTech. Ce chercheur en astrophysique s’est un jour penché sur la physique du rugby, et a découvert des phénomènes passionnants.

« Avec Christophe Clanet, chercheur au laboratoire LadyX à l’École polytechnique, nous avons montré que la vitesse d’un ballon lors d’un tir au pied était égale à deux fois la vitesse du pied au moment de l’impact, indique le physicien. Or, cette vitesse est liée à la taille des jambes, par effet de levier. Donc plus on est grand, plus on est susceptible de tirer fort. » À condition aussi d’être suffisamment musclé pour que le pied ne perde pas de vitesse lors de l’impact.

Théorie et pratique

Jérôme Perez a également travaillé avec l’équipe de rugby de Massy (Essonne) sur les touches. Chaque lanceur possède sa propre technique. En analysant ce geste, il est possible de définir des stratégies pour maximiser la chance de faire récupérer le ballon par son équipe. Aujourd’hui, l’équipe de France s’intéresse à ces travaux.

La mêlée est également au cœur de toutes les attentions des physiciens. Un robot de Thalès de l’équipe de France permet de simuler une mêlée contre une autre équipe. On analyse ainsi la manière dont les joueurs poussent, et les efforts qu’ils subissent. « On observe que ces forces sont proches de celles capables de casser des os », prévient Jérôme Perez, qui l’a signalé aux instances du rugby français.

Les joueurs savent généralement faire les bons gestes, mais ne comprennent pas pourquoi. « Le rugby a un énorme potentiel d’analyse scientifique, on n’en est qu’au début », s’enthousiasme le chercheur, qui prévoit maintenant d’étudier plus en détail des actions particulières, comme l’essai le plus rapide de l’histoire, marqué 6 secondes après le coup d’envoi.