Publié le 24 janvier 2019
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Workshop STAPS Présentation Doctorants

Les travaux menés par les doctorants en sciences du sport de l’Université Paris-Saclay et présentés lors du "Workshop international sur l’ergonomie et l’analyse des mouvements humains" le 16 janvier 2019 à l’UFR STAPS Paris-Sud, démontrent de la richesse et de la diversité des recherches réalisées dans ce domaine.

Vous pensez que les sciences du sport, c’est seulement pour entraîner les athlètes ? Pas du tout ! Les recherches et les études en Sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS) sont incroyablement vastes : comprendre les mouvements humains, mais aussi la psychologie, lors de situations de stress comme une compétition, adapter le sport aux personnes âgées ou en situation de handicap, analyser le marketing des événements sportifs, découvrir les impacts sociaux du sport… Focus sur quelques recherches menées à l’Université Paris-Sud, membre de l’Université Paris-Saclay,

Pour comprendre les mouvements humains, il existe un équipement très utile : les exosquelettes. Il s’agit d’un appareil motorisé, qui se fixe à l’extérieur de certains membres, et permet de renforcer ou de soulager les mouvements. « Nous nous intéressons à la manière dont le cerveau gère les mouvements, indique Simon Bastide, doctorant au laboratoire CIAMS (Complexité, innovations, activités motrices et sportives). Il s’agit là d’un exosquelette pour le bras, qui compense son propre poids, mais possède une inertie. La personne qui bouge ne fait pas plus d’effort que lorsqu’elle n’a pas l’exosquelette, mais les mouvements sont ralentis. Puis nous mettons un poids dans la main du volontaire, le bras robotisé compense ce poids et nous regardons comment la personne s’adapte à cette situation conflictuelle pour le cerveau. » Résultat : les participants s’adaptent rapidement, mais leur mouvement reste différent de celui sans exosquelette.

Tous les mouvements présentent un intérêt pour les chercheurs, qui n’hésitent pas à étudier la danse orientale pour comprendre la complexité du mouvement humain. En effet, cette danse nécessite plusieurs années d'apprentissage pour devenir experte. Une danseuse orientale performante dans sa discipline a besoin d'effectuer notamment des mouvements amples, symétriques et rapides du bassin, sans bouger le reste du corps. Anne Tournillon, doctorante au laboratoire CIAMS, a étudié les mouvements du bassin chez 19 danseuses expérimentées, en observant l’amplitude des mouvements et les coordinations entre les articulations grâce à des capteurs. Elle comparera bientôt ces mouvements à ceux de débutants, pour étudier comment l'humain est capable de contrôler et d'apprendre des mouvements complexes.

Toujours en science du mouvement, comment les bébés apprennent-ils à marcher ? Capables de réaliser les mouvements de la marche à la naissance (même s’ils n’ont pas suffisamment de muscles pour réellement marcher), ils les oublient vers l’âge de deux mois puis les réapprennent vers un an. Elodie Hinnekens, doctorante au laboratoire CIAMS, étudie la manière dont d’autres mouvements, comme la marche à quatre pattes, pourraient préparer à la marche. « Notre système nerveux ne traite pas les muscles un par un, mais par un ensemble de muscles, que nous appelons modules, précise-t-elle. Comment ces modules apparaissent-ils ? Il semble que ce soit grâce à l’apprentissage. » Elodie Hinnekens étudie donc les mouvements de 25 bébés depuis leur naissance jusqu’à leurs premiers pas, grâce à des capteurs qui mesurent l’activité musculaire combinés à l’analyse de vidéos des mouvements des bébés. Et elle semble confirmer que ces mouvements, lors de la première année de vie, participent à l’apprentissage de la marche.

 

Trois questions à François Cottin, directeur de l’Unité de formation et de recherche Sciences et techniques des activités physiques et sportives (UFR STAPS) de l’Université Paris-Sud.

Comment sont organisées les formations en sciences du sport à l’Université Paris-Saclay ?

F. C. : Nous avons créé une « school » sur le modèle anglo-saxon des Graduate Schools, qui regroupe tous les masters sur un même thème. Notre school « sciences du sport et du mouvement humain » rassemble 250 étudiants en master. Dans le futur, cette school intègrera aussi les écoles doctorales.

Quels sont les sciences enseignées dans cette School ?

F. C. : Il y a trois mentions possibles et six parcours au total :

STAPS qui contient les 3 parcours suivants : BIAESP (Biologie intégrative des adaptations à l'exercice pour la santé et la performance), à l’Université d’Evry – Val d’Essonne, PCMPS (Psychologie, contrôle moteur et performance sportive), à l’Université Paris-Sud. Et le master SSEP (Sciences du sport et éducation physique) pour les élèves tentant le concours d’agrégation.

- STAPS APAS (activités physiques adaptées santé) avec deux parcours : VHMA (vieillissement handicap : mouvement adaptation) piloté par l'Université Paris-Sud et HN (handicap neurologique) piloté par l'Université Versailles - Saint-Quentin-en-Yvelines.

- STAPS IEAP (ingénierie et ergonomie des activités physiques) : un seul parcours ISMH (ingénierie du sport et du mouvement humain).

Quels sont les débouchés ?

F. C. Ils sont vastes et nous avons un excellent taux d’embauche de nos diplômés, supérieur à 80 %. Certains sont embauchés par les fédérations sportives, d’autres dans des structures pour personnes âgées ou des hôpitaux, dans des sociétés concevant des équipements, etc.