Publié le 29 mai 2019
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La cathédrale Notre-Dame de Paris photographiée jeudi 16 mai (fin d’après-midi), pour suivre les travaux après l’incendie (échafaudages). Sukkoria [CC BY-SA 4.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0)]

Suite au drame survenu le 15 avril 2019 à la cathédrale Notre-Dame de Paris, dont la toiture a subi un incendie ravageur, le CNRS a nommé Martine Regert, directrice adjointe scientifique à l’Institut écologie et environnement (INEE) du CNRS, et Philippe Dillmann, directeur de recherche à l’Institut de recherche sur les archéomatériaux(1) et chercheur au Laboratoire archéomatériaux et prévision de l’altération(2) du CEA Saclay, coordinateurs d’un « chantier CNRS Notre-Dame ».

La cathédrale Notre-Dame de Paris, dont la construction date d’il y a presque un millénaire, constitue une source d’études et d’informations extraordinaires pour les chercheurs français. Après sa partielle destruction par les flammes et l’annonce du chantier de sa reconstruction, le monde de la recherche s’est massivement investi et de nombreux sujets de recherche concernant l’édifice ont vu le jour. C’est dans ce contexte que s’inscrit le « chantier CNRS Notre-Dame », animé par Martine Regert, directrice adjointe scientifique à l’Institut écologie et environnement (INEE) du CNRS, et Philippe Dillmann, chercheur à Saclay au Laboratoire archéomatériaux et prévision de l’altération (LAPA). Ce chantier vise à coordonner les travaux des équipes de recherche en relation avec les ministères, les institutions et les autres entités.

Le travail consiste dans un premier temps à éviter toute perte scientifique. Les débris calcinés et moins détériorés sont conservés et répertoriés pour une future analyse. Par la cartographie en trois dimensions de la zone sinistrée, les outils numériques apportent aux chercheurs n’ayant pas accès à la cathédrale pour des raisons de sécurité, des informations cruciales pour leurs recherches.

Dans un second temps, les regards se tourneront vers les travaux déjà réalisés sur cet édifice : du fait de l’ancienneté de la toiture et de sa conservation, de nombreuses études ont été menées avant sa destruction. Un important travail bibliographique sera à réaliser afin de rassembler toutes les données publiées. Des réunions scientifiques faciliteront la mise en contact des différents chercheurs et le recensement des études.

Les travaux de recherche commenceront dans un troisième temps, une fois les axes de recherche suffisamment mûris. Les thématiques abordées promettent d’être diverses et concerneront notamment l’étude des matériaux organiques, comme le bois des charpentes, ou des matériaux non-organiques, comme le verre, les métaux comme le plomb, et la pierre. Les données récoltées quant aux caractéristiques des composés de l’édifice aideront à choisir les matériaux pour la reconstruction de l’édifice.

Des recherches en sciences humaines et sociales complèteront l’ensemble afin d’évaluer, d’un point de vue anthropologique, le ressenti de la population vis-à-vis de ce sinistre et ses retombées.

(1) IRAMAT - CNRS/Université de technologie Belfort-Montbéliard/Université Orléans/Université Bordeaux Montaigne.

(2) LAPA (NIMBE -CEA/CNRS).