Publié le 12 février 2019
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Le gène TCTP est présent chez les animaux et les végétaux. Les travaux d’une collaboration de chercheurs, impliquant l’Université Paris-Saclay, permettent d’éclaircir comment cette protéine régule la multiplication cellulaire. En 2010, les scientifiques avaient découvert de fortes similitudes dans la multiplication cellulaire, due à ce gène, de deux organismes très éloignés, une plante, Arabidopsis, et une mouche, la drosophile. Les nouveaux résultats, publiés dans la revue PloS Genetics, permettent une avancée majeure dans la compréhension de la prolifération cellulaire, responsable de la formation de tumeurs, et de la formation des organes.

Les équipes scientifiques de l’Inra, de l’Ecole normale supérieure de Lyon, et du CNRS, ont utilisé en parallèle la plante Arabidopsis thaliana et la mouche du vinaigre Drosophila melanogaster (la drosophile) pour décrypter plus précisément la voie de régulation protéique impliquant la protéine TCTP lors du développement animal et végétal. Afin de comprendre comment ce gène régule la prolifération cellulaire, les chercheurs ont recherché les protéines partenaires de TCTP. Comme pour la pêche à la ligne, les chercheurs ont utilisé TCTP comme appât pour capturer des facteurs pouvant se lier à elles dans des cellules en pleine division cellulaire.

Une cascade de régulation par des complexes protéiques communs aux animaux et aux végétaux

L’approche utilisée a permis de découvrir que la protéine TCTP interagit avec une protéine appelée CSN4, membre d’un complexe protéique dit COP9. Ce complexe est impliqué dans la régulation de nombreux processus cellulaires tels que la signalisation hormonale, la régulation du cycle cellulaire, la croissance et développement des organismes ainsi que dans la défense contre les pathogènes (virus…).

Cette étude a permis de montrer chez Arabidopsis que TCTP détourne la fonction du complexe COP9, en le rendant inactif, ce qui affecte son rôle dans la régulation et conduit à une prolifération cellulaire. Ce processus affecte la régulation du cycle cellulaire, et donc de la division cellulaire et la formation des organes. Des travaux complémentaires sur la mouche drosophile montrent que ce mécanisme est commun aux animaux et aux végétaux.

Une meilleure compréhension des fonctions de TCTP permet de mieux apprécier comment les organes se développent chez l’embryon et la prolifération cellulaire responsable des tumeurs, cancéreuses ou non.

Les textes ci-dessus sont dérivés du communiqué de presse 

Référence:

Betsch L et al., (2019). PLoS Genet 15(1): e1007899. https://doi.org/10.1371/journal.pgen.1007899