L'Unité Mixte de Recherche 848 de l'INSERM - Gustave Roussy - Université Paris-XI, rattachée à l'Institut de recherche intégrée en cancérologie à Villejuif, concentre ses recherches sur l'apoptose, un processus de mort cellulaire programmée.

La chimiothérapie est classiquement réputée pour tuer les cellules cancéreuses par apoptose, un mode de mort cellulaire qui a été largement investigué ces dernières décennies. Les cellules apoptotiques présentent une morphologie particulière (la condensation de la chromatine étant un signe pathognomonique), accompagnée de modifications biochimiques caractéristiques (telles que l'activation des caspases).

L'apoptose est généralement considérée comme un mécanisme non-immunogénique de mort cellulaire. Un récent travail suggère que les traitements anti-cancéreux peuvent aussi déclencher d'autres types de mort cellulaire que l'apoptose (autophagie, nécrose, catastrophe mitotique). De plus, la mort des cellules tumorales se produit souvent de manière immunogénique. La réponse immunitaire anti-cancéreuse déclenchée par les cellules tumorales mourantes peut préfigurer du succès thérapeutique.

Sur base de ces prémisses, il sera important d'élaborer des tests capables de détecter les modalités de mort cellulaire non-apoptotiques et de comprendre les mécanismes moléculaires qui confèrent à certains types de mort cellulaire un caractère immunogénique. Nous réaliserons donc une étude systématique des voies cataboliques induites par les agents de chimiothérapie et les radiations ionisantes (en utilisant une approche de type métabolomique), développerons des tests vidéomicroscopiques permettant la détection et la quantification automatique des différentes modalités de mort cellulaire (en générant des lignées cellulaires exprimant des biosenseurs de l'apoptose, de l'autophagie, de la nécrose, de la catastrophe mitotique, etc), identifierons les gènes (par criblages à l'aide de siRNA) et les agents (à l'intérieur d'une banque de molécules) qui affectent les différents types de mort cellulaire et, finalement, définirons les caractéristiques spécifiques de la mort immunogénique des cellules cancéreuses. Les résultats de cette étude seront validés dans des modèles précliniques de traitement anti-cancéreux et seront appliqués à l'analyse d'échantillons provenant de patients cancéreux.

L'exploration en profondeur des relations entre les mécanismes de mort cellulaire, la résistance contre l'induction de la mort cellulaire et les interactions entre le système immunitaire et la mort des cellules tumorales devraient contribuer à établir les fondements théoriques pour l'amélioration du diagnostic, du pronostic et de la prise en charge thérapeutique du cancer.

 

 


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M. KROEMER Guido